BEAU ROLE DU CORPS MÉDICAL
douze en 1638, et qui était retombé à cent cinq en 1675 ^ Le zèle, le désintéressement du corps médical rivalisait, on le voit, avec celui des corporations religieuses les plus dévouées; peut-être même le dévouement est-il plus admirable chez les médecins qui se sentent retenus, enchaînés à la vie par le lien le plus puissant (celui qui seul excuserjil une lâcheté), la famille, dont ils sont souvent l'unique soutien dans le présent, la seule espérance dans l'avenir. La science pour eux, comme la religion pour d'autres, crée une sorte de sacerdoce qui a ses impérieuses obligations, et chaque fois que la société a été en péril, depuis son premier et illustre représentant Hippocrale de Cos, jamais le corps médical n'a failli. Déjà depuis assez longtemps le mouvement charitable que la misère développait forcément en France trouvait le médecin au premier rang. C'est un médecin, Théophraste Renaudot, qui établit, dès l'année 1612, des consultations charitables à Paris et un bureau d'adresse et de placement pour les pauvres et un mont- de-piété ; un arrêt du conseil lui donne, en 1618, le titre de « commissaire général des pauvres du royaume; » le 25 septembre 1640, des lettres patentes du roi Louis XIII autorisent Renaudot à faire tout ce qu'il jugerait à propos pour le soulagement des pauvres et des malades ^. Bien-
1. Sabatier, Recherches sur la Faculté de médecine de Parts, 1835
2. Jules Caillet, V Administration en France sous Richelieu, 2« édition, 18G0, t. I, p. 377 et suiv., et t. 11^ p. 370 et suiv.; Félix Roubaud, Thëop. Renaudot, I8S63 Hatin, Histoire de la Presse, 18a9; de Lescure, Gazette de France, li septembre 18G1; M. de Lescure, qui a déjà publié une série d'articles sur Renaudot, annonce un très-important travail sur ce fondateur de la Gazette, qui n'est pas encore apprécié à sa véri-
tabli,' valeur. La Bibliolhèque impériale possède sous la lettre — rrr^r-rr
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de nombreux factums de Renaudot sur ses luttes médicales.