‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 192 sur 420 · PESTE EN LANGUEDOC · texte numérisé non relu

PESTE EN LANGUEDOC

flammatoire. Cette épidémie, d'un caractère redoutable, appelée /éw sncré, fni Saint- Anloine^ ergot, sévit par une grande mortalité : les basses classes, mal nourries, tombaient accablées au moindre souffle de la maladie, comme il arrive d'ordinaire; aussi la Sologne fut-elle trèséprouvée. Le mal commençait par lassitude, faiblesse suivie de torpeur, sommeil, membres brûlants, douleurs atroces dans les membres inférieurs, qui devenaient gangrenés. Tout porte à penser que cette maladie venait de nourriture insuffisante. »

Les détails du Bas-Languedoc sont des plus tristes : le mal vint par la Provence et de là pénétra dans le comtat d'Avignon et dans le Bas-Languedoc; Beaucaire, Nîmes ne purent s'en garantir. On établit pour les malades une sorte de lazaret hors des murs, près des ruines de l'ancien monastère de Saint-Bauzile; les supérieurs de tous les monastères vinrent offrir au consul des religieux pour soigner et exhorter les pestiférés tant dans Tinfirmerie que dans la ville; les ministres protestants firent la même proposition. Les Récoilets ayant été choisis, Robert d'Avignon, leur gardien, assembla la communauté et invita ses frères à se sacrifier : quatre d'entre eux se présentèrent; le gardien les ayant embrassés, ils allèrent aussitôt se renfermer dans les cabanes de Saint-Bauzile, y trouvèrent la mort, et furent aussitôt remplacés par des jésuites. La contagion sévissait principalement dans les Arènes, habitées par une population serrée et malheureuse; pour circonscrire le tléau, on interdit toute communication avec le reste de la ville, sous promesse de fournir à tous les besoins de ces infortunés. Le présidial sortit de Nîmes et alla s'établir à Villeneuve d'Avignon. L'épidémie dura longtemps dans le Bas-Languedoc ; lorsque le présidial de Nîmes eut repris ses séances, comme on craignait que les plaideurs ne rapportassent le fléau, on décida qu'on ne recevrait pas ceux qui vien-

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