‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 193 sur 420 · RUINE DU COMMERCE · texte numérisé non relu

RUINE DU COMMERCE

(Iraient de tous les lieux qui se trouvent de Nîmes jusqu'à Aries,et des villes situées sur les bords duVislre jusqu'au Rhône.

Faul-il, dans de pareilles conditions, parler du commerce ■? La piraterie s'exerçait ouvertement sur les côtes de la Méditerranée ; une des principales richesses du Languedoc consistait en grains recherchés, même en Italie, et dont Texporlation était pour la province l'objet d'un commerce étendu. Pendant les troubles, les vaisseaux qui transportaient ces blés n'arrivaient presque jamais à leur destination. Les galères chargées de la garde des côtes les retenaient; on en faisait autant dans les ports de Marseille et de la Ciotat et aux Martigues. On (ontraignait ainsi les négociants, auxquels on enlevait tout espoir de conduire leurs denrées à Gênes ou dans d'autres villes d'Italie, de les céder à vil prix. Les relations avec l'Espagne n'offraient pas plus de sécurité; on lit dans les remontrances des États de lOoO, que des équipages de vaisseaux appartenant aux ports de Lunel, d'Agde et de Frontignan avaient été confondus avec la chiourme des galères. Le gouverneur de Gollioure se faisait remarquer parmi ceux qui s'abandonnaient à ces coupables manœuvres. De cette époque date la décadence de la culture et de la vente du pastel; des documents authentiques prouvent qu'à la fin de la première partie du xvir siècle il partait de Toulouse, pour le nord de l'Europe, 200,000 balles de coques de pastel. Le Lauraguais, l'Albigeois, les champs fertiles qui environnent Toulouse, fournissaient en grande quantité celte matière tinctoi'iale extrêmement recherchée, qu'on envoyait à Bordeaux, au Havre, à Anverset dans tout le nord de l'Europe. Avec la Fronde, la culture languit dans ces plaines dévastées, et alors l'in-

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