‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 195 sur 420 · SOUFFRANCES DE L'ANJOU · texte numérisé non relu

SOUFFRANCES DE L'ANJOU

L'Anjou avait été vendu par le duc de Alaillé-Brézé au prince de Coudé qui, paur s'atlaclier un allié des MonLbazon el des Guémenée, le duc de Rohan-Cliabo!, le lui céda et, par une munilicence royale, refusa d'en recevoir le prix. Ce Hohan-Chabot devait d'autant plus de reconnaissance à Condé que c'était par le crédit de ce puissant protecteur que le Parlement avait prononcé en sa faveur dans le fameux procès contre Tancrède de Rolian, que la vieille duchesse deRohaa présentait comme son fils, afin de punir sa fille Marguerite de son union avec ce bel officier de fortune. Chabot.

La famille de Condé croyait pouvoir compter sur lui; mais la reconnaissance de l'ancien premier maréchal du duc d'Orléans avait diminué avec les dangers de sa position depuis la mort de son rival Tancrède, tué dans une escarmouche de la première Fronde ; aussi, à la vue des succès de la cour en INormandie, en Bourgogne, ne répondit-il aux sollicitations pressantes de Lenet que par des vœux, sans prendre le moindre engagement. Il est vrai qu'il laissait La Rochefoucauld faire une tentative pour pénétrer en Anjou et surprendre Sauinur. La province avait beaucoup souffert de ces conflits et, pour n'en citer qu'un exemple, les religieuses du couvent de la Fidélité à Saumur avaient été forcées par la guerre et l'épuisement de leurs ressources à se retirer dans l'abbaye de Fontevrault, et, à leur retour, n'avaient trouvé qu'une ville en ruine, foudroyée par l'artillerie de la citadelle \

Le Poitou avait été également troublé par les diverses

1 . Euy:ène Berger, la Fronde eu Anjou, dans la Revue de l'Anjou et du Maine-et-Loire; Bodiii, Recherches historiques sur Saumur ; Vie de madame Gautron, prieure de la Fidélité, 1C89; sur Tancrède de Rohan, voir un roman historique de ce nom par M. Henri Martin.

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