‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 21 sur 420 · PESTE EN FRANCE · texte numérisé non relu

PESTE EN FRANCE

ment quittée depuis cette époque, et, vers la fin de 1636. elle reparut menaçnnte à Paris et dans les provinces: bientôt l'Hôtel-Dieu eut plus de seize cents malades; à Saint-Louis, à l'hôpital Saint-Marcel, le nombre était aussi grand. La mortalité jette l'épouvante dans tous les cœurs : les médecins eux-mêmes succombent; il est impossible de pourvoir au pansement de tous ceux qui sont atteints de la contagion, si le nombre des religieuses n'est augmenté de trente ^ On retrouve le fléau partout aussi terrible. A Saint-Quentin, dans cette fin d'année il enlève plus de trois mille victimes ; dans la petite ville de Marie, d'août en décembre, il mourut plus de quatre cents personnes, et la dépense fut estimée à huit mille livres; en 1637, de juin à fin novembre, on perd encore plus de six cents malades. Vers la même époque, en Franche- Comté et en Bourgogne, l'épidémie change en désert les bassins de la Saône, du Doubs, dévastés successivement par les armées françaises et étrangères.

A Beauvais la peste éclata vers octobre 1636 et dura toute l'année suivante, et, dit le manuscrit du chanoine Hermant. « il était bien malaisé de s'en garantir au milieu de l'infection causée par l'arrivée de tant de villageois d'en deçà de la Somme. » A Compiègne on lit dans la Vie ma-

1. « En 1631, l'Hûtel-Dieu avait eu constamment Jix-huit cents malades; son riche revenu ne put subvenir qu'au quart delà dépense; il fut obligé d'emprunter. Défense de tenir la foire Saint-Denis; des délibérations du 30 avril 1632, du 27 janvier 1634, etc., constatent que la peste a reparu.» Nous devons cette note sur les hôpitaux à la bienveillance de M. Battelle, chef de division à l'assistance publique, qui collectionne pour une histoire de l'Hiitel-Dieu; sur notre demande, M. Hussou, directeur général de l'assistance et connu par de savants travaux d'économie politique, a bien voulu faire rechercher ce que pourraient renfermer sur la Fronde les archives de ce grand établissement; à notre profond étonnement, l'archiviste a fait répondre qu'il n'y Arien!

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