‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 212 sur 420 · RIVALITÉ DU DUC D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

RIVALITÉ DU DUC D'ORLÉANS

roi, espérant bien faire annuler sa promesse par Louis devenu majeur. La noblesse fut obligée de se séparer, ne se sentant pas soutenue : le duc d'Orléans en aurait bien eu l'intention, mais ne voulait pas se brouiller avec le Parlement; le prince de Condé, comme la reine, craignait que les États réunis n'abolissent l'ordonnance de Charles V, fixant la majorilé à treize ans, et ne donnassent l'autorité au duc d'Orléans, oncle du roi, plutôt qu'à lui Condé, simple prince du sang.

Cette rivalité entre les deux princes, qui se ménageaient cependant, se retrouvait partout. Grâce à cette lutte, la reine espérait ramener le cardinal Mazarin, qui ne cessait de la diriger du fond de son exil. A peine avait-il été hors de Paris que Le Tellier, secrétaire d'État à la guerre, lui avait fait passer un chiffre particulier pour une correspondance détaillée et régulière; Servien, de Lyonne, Brienne, l'abbé Fouquet et Colbert lui servaient aussi d'intermédiaires auprès de la reine. Cliâ-; teauneuf, ministre imposé à Anne après la fuite de Mazarin, ne fut pas longtemps à s'apercevoir de toutes ces intrigues, et les dénonça au Parlement par l'organe du duc d Orléans, « Tant qu'ils seront auprès de la reine, l'esprit de Mazarin régnera toujours, si son corps est absent. » Loin de céder, Anne, profitiint de la division de ses ennemis, renvoie Châteauneuf, et sur les avis de Mazarin, le remplace par Chavigny, ami de Condé et ennemi acharné du cardinal, donne les sceaux à Mole, qui garde eu même temps la première présidence, et appelle le chancelier Séguier comme chef du consei'.

A ce coup d'État de la reine, les Frondeurs se réunissent le soir chez le duc d'Orléans. Là, Gondy propose immédiatement de soulever le peuple; Condé et Beaufort que

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