ET DU PRINCE DE CONDÉ
Ce n'était pas le seul entre les anciens et les nouveaux alliés : pour obtenir la délivi-ance des princes, une assemblée de la noblesse était venue en aide au Parlement et s'était réunie à Paris aux Corde liers ; le nombre des adhérents se composait d'environ 800. C'était une occasion magnifique de réclamer les privilèges compromis ; on ne la laissa pas échapper: l'assemblée demanda la convocation des États-Généraux afin de réprimer les usurpations ministérielles, et obtint bientôt la jonction de l'assemblée du clergé; on fit même une tentative auprès de l'hôtel de ville qui représentait la bourgeoisie. On voulait ainsi d'avance former une sorte d'États-Généraux au petit pied; mais on ne put entraîner la municipalité. Les attaques contre le Parlement n'étaient pas moins violentes que contre le ministre: « La France, disait Gillebert de Choiseui du Plessis-Praslin, évêque de Comminges, est un corps composé de trois membres, le clei'gé, la noblesse et le tier<ï-état; un quatrième membre ne peut se joindre au corps sans qu'il en résulte un monstre horrible. » Messieurs de la noblesse tenaient même langage : « Il est honteux que, par le renversement des anciennes lois, de jeunes écoliers deviennent au sortir du collège des arbitres de la fortune pubhque, par la vertu d'une peau de parchemin qui leur coûte 60,000 écus! » Le Parlement, ainsi menacé, demanda la dissolution de l'assemblée irrèguliére de la noblesse, et s'apprêta à la foudroyer de ses arrêts pendant que la noblesse délibérait sur la proposition de jeter à la rivière le premier président. La reine intervint enfin sur les vives représentations du duc d'Orléans, et promit aux deux assemblées la convocation des États-Généraux, d'abord pour le 1" octobre, puis pour le 8 septemJ^re, c'est-à-dire le lendemain de la majorité du