‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 215 sur 420 · A SAINT-MAUR · texte numérisé non relu

A SAINT-MAUR

celui de Paris n'entrait qu'avec répugnance dans celte voie : malgré sa haine contre Mazarin, il trouvait que c'était empiéter sur les droits de la royauté que d'exiger le renvoi de trois ministres parce qu'ils déplaisaient à un prince; aussi le premier président blâma-t-il Condé en disant que « ces retraites des princes étaient souvent le commencement des guerres civiles. » Cependant l'indécision ordinaire du duc d'Orléans, malgré les sollicitalions de Gondy, força la reine à céder encore : ses ministres furent renvoyés, mais elle éloigna en même temps Cliavigny, l'ami de Condé; le prince rentra à Paris, et ne fit de visite au Palais-Royal que sur un arrêt formel du Parlement.

Anne d'Aulriche, exaspérée de celte insolence, et sollicilée à une rupture par Mazarin, résolut d'accabler Condé : Cliâteauneuf et le président de Belliévre rédigèrent un mémoire acerbe que la reine envoya au Parlement. Pour atteindre plus sûrement l'ennemi, elle sacriliait en apparence Tami : la déclaration « protestait de la résolution que le roi et la reine ont prise d'éloigner pour toujours le cardinal Mazarin du royaume, » mais en même temps examinait sévèrement la conduite de Condé ; on l'accusait de négociations avec l'archiduc Léopold et le comte Fuensaldagne, commandant de l'armée espagnole dans les Pays-Bas, et d'avoir, pour faire échouer la campagne de Picardie, refusé de réunir à l'armée royale les régiments (}ui dépendaient de lui ou de Conti. Au Parlement, Condé cria à la calomnie et accusa Gondy d'être l'auteur du factum, des collisions sanglantes furent sur le point de s'engager dans le sanctuaire de la justice. La Rochefoucauld saisit traîtreusement Gondy entre deux portes et allait lélouffer, si M. de Champlâlreux, fds du

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