‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 216 sur 420 · RUPTURE · texte numérisé non relu

RUPTURE

premier président, ne fût venu délivrer le Coadjuteur au moment même où un des spadassins à gages de Gondé s'avançait un poignard à la main. A l'occasion de ce guetapens, ce fut encore dans la salle une nouvelle scène de violences,d'invectives enln^La Rochefoucauld, le Coadjuteur et son ami leducdeBrissac. Lesprésidenls se jetèrent entre les deux partis, suppliant l'un « par le sang de saint Louis de ne pas souffrir que le temple, où ce saint roi avait établi le Parlement pour la conservation de la paix et de la justice, fût ensanglanté, » et l'autre « par son sacre épiscopal à ne pas contribuer au massacre du peuple que Dieu leur avait commis. »

La ville fut épouvantée de cette scène et des suites qu'elle aurait inévitablement amenées; comme le disait M. le Prince : « Paris a failli être brûlé : quel feu de joie pour le Mazarin; et ce sont ses deux ennemis capitaux qui ont été sur le point de l'allumer! » La reine, qui voyait que cette division des chefs ramènerait sûrement Mazarin, ne voulut écouter aucun des avertissements du duc d'Orléans et de Mole; ce fut à la dernière exti-émité qu'elle défendit à Gondy de retourner au Parlement. Gondé triomphait encore : il exigea une déclaraîion qui reconnut calomnieuses toutes les accusations portées contre lui, ou un jugement, s'il était reconnu coupable. La reine ne pouvait s'y déterminer; Gondé menaçait de partir pour le Berri, où se trouvait déjà la princesse au milieu de ses amis, prêts à la guerre civile. Mazarin alors décida la reine à se rendre au désir du prince. « Donnez, écrivil-il, toutes les déclarations d'innocence qu'il voudra : tout est bon, pourvu que vous l'amusiez et l'empêchiez de prendie son essor. » La déclaration fut octroyée parla reine; et le Parlement profita de l'occasion pour

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