ET DE LA NORMANDIE
lés. La nécessité avait retranché le luxe et la bonne chère; on ne vivait dans les meilleures maisons que de pain de seigle ou d'orge et de viande bouillie *. ,
En Normandie, d'Harcourt, haï de la province, n'avait pu se maintenir après le départ de Mazarin. et le duc de Longueville était rentré dans son gouvernement; mais le Parlement lui avait fait comprendre qu'il n'était nullement disposé à le suivre dans les hasards et les dangers d'une nouvelle guerre civile. Le langage ferme du président Poërier d'Amfreville ne laissait aucun doute : « Monseigneur, lui avait-il dit, vous devez affermir la fortune puhlique sous l'autorité du roi, qui est la source de la vôtre, et de laquelle on ne peut jamais se séparer sans perdre le respect et la vénération des peuples;... à lui appartenait de guérir toutes les plaies de la province par le grand ouvrage de la paix, souverain bien des choses humaines. » Aussi fut-ce on vain que dans une entrevue à Trie, Condé essaya d'eniraîner son beau-frère; mademoiselle de Longueville, sa fille, le maintint ferme dans le parti de la cour. Bientôt même la brouille éclata entre les deux anciens compagnons de captivité à propos de 100,000 écus prèles autrefois à Condé et que lui redemanda Longueville. Malgré cette séparation, la Normandie eut encore à soufffir au commencement de la guerre : Beaufort étant venu faire des levées dans le Perche et dans le Maine, ses milices indisciplinées, sans solde et sans pain, vivant sur le pa\s, se répandirent aux environs, rançonnant tout cruellement et commettant d'épouvantables désordres. On commença par la vente du sel à vil prix à Laval, Mortagne, Bellesme, Argentan, Exmes et