ENQUÊTE OFFICIELLE
gâts de la campagne des environs de Marie. Ce détail s'est trouvé confirmé par un travail de M. Ed. FIeur\ ', résumé des diverses enquêtes faites, dans le diocèse de Laon, par l'autorité civile et par l'autorité ecclésiastique. Ces enquêtes ont été retrouvées par M. Fleury dans une liasse de seize dossiers, aux archives départementales de l'Aisne. « Procès-verbaux d'informations des pertes et ruines du diocèse de Laon depuis 1640. »
Comme l'exilé de la première églogue de Virgile, les paysans pouvaient dire avec tristesse : « Un soldat impie va posséder ces guéiels, un barbare ces moissons I Voilà pour qui nous avons ensemencé nos campagnes! Greffe donc maintennnt tes fruits, aligne des plants de vignes, malheureux Mélibèe... et jamais, même après un long temps, même après plusieurs moissons, tu ne reverras, tu ne contempleras le toit rustique de ta pauvre cabane, ion petit royaume, tes chèvres, troupeau jadis heureux! » L'âme tendre de Virgile est passée dans ces vers, et le bonheur d'avoir retrouvé son domaine a adouci chez lui la plainte; la reconnaissance tempère l'accusation; combien plus profondément désolées sont les dépositions de nos témoins! La mesure des maux est comble, elle débordel les témoignages sont unanimes^ : Pillage, incendie, violences de toute espèce, peste, misère épou-
1. Rédacteur en chef du Journal de V Aisne et correspondant du ministère de l'instruction publique. Cette jjrochure de 94 pages est intitulée : le Diocèse de Laon pendant la Fronde. C'est avec une complaisance orgueilleuse que nous citons cette étude, M. Fleury ayant bien voulu reconnaître que notre premier travail sur la Fronde lui a suggéré la pensée de ce livre.
2. Voir principalement dans M. Fleury les dépositions de M» Jean Bellote, conseiller du roi, prévôt de la ville de Laon, du chevalier Louis de Boham, du seigneur de Monceau-le-Waast, de Jacques de Weez, seigneur de Merlieuï, de M. de Bezannes, seigneur de Courteçon.