‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 246 sur 420 · LA COUR RAPPELLE MOLE · texte numérisé non relu

LA COUR RAPPELLE MOLE

achever le discrédit du Parlement, une coupable politique conseilla de rappeler auprès du roi, à Poitiers, Mole comme garde des sceaux; Mole, le seul homme qui, dans ces circonstances difficiles, pût encore modérer les excès auxquels les divers partis étaient disposés à s'abandonner. Le rappeler, c'élait décapiter le Parlement et la ville de Paris, ouvrir la barrière à tous les désordres d'une sédition irritée par le malheur. Par ce départ et celui des autres ministres, la ville cessait d'être le siège du gouvernement, qui essaya de se constituer à Poitiers. Cette conduite fournissait à Gondy une occasion favorable pour ressaisir de nouveau son rôle de chef de parti modéré, de tiers-parti, comme disait Fabert : il se rapprocherait de Condé pour demander avec lui l'expulsion formelle de Mazarin, mais s'unirait à la cour pour s'opposer à la guerre civile et à la faction de M. le prince. Ce tiersparti naturellement s'appuyait sur les cours souveraines et prenait pour chef nominal le duc d'Orléans; mais un prince aussi irrésolu et incapable que l'était l'oncle du roi pouvait-il déployer l'énergie, la souplesse qu'exigeait un pareil projet pour être mené à bien? La seule chance était qu'à la faveur de ce revirement, le Parlement reprît la direction des affaires, et que, grâce à cette autorité, il amenât une ère de réformes et de garanties civiles. Malheureusement, nous venons de le voir, il se laissait naïvement emporter à sa rancune contre Mazarin, et, pour de petites satisfactions, négligeait les grands intérêts publics qui étaient entre ses mains.

La réponse de la cour aux déclarations du Parlement fut donc péremptoire; pour la rendre encore plus significative, on la lit transmettre aux députés de la compagnie par l'organe de son premier président, agissant en

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