DISPOSITIONS DES PROVINCES
qualité de garde des sceaux. Le roi « maintenait sa bienveillance passée pour son Parlement; mais il trouvait extraordinaire qu'on eût mis à prix la tête d'un ministrecardinal qui rentrait en France par l'ordre' formel de Sa Majesté. La seule excuse que [)Ouvait invoquer le Parlement était son ignorance de cette volonté royale; maintenant que le Parlement en avait connaissance, le roi comptait bien ne plus être troublé dans l'exécution de ses desseins, et pouvoir remettre son royaume en paix. » Un arrêt du conseil royal cassait l'arrêt du Parlement du 29 décembre.
Pendant ce temps arrivaient à Paris des nouvelles des autres provinces : les lettres de Toulouse portaient que cette cour avait donné contre le cardinal arrêt pareil à celui de Paris. A Rouen, le langage était moins ferme : on se contentait de remontrances sur les conséquences du retour de Mazarin eu France; Rennes « ne disait mot de cette affaire, mais informait le Parlement de Paris des insultes et bravades que lui avait faites le maréchal de La Meilleraye, qui était venu prendre séance au Parlement avec ses gardes et ses serviteurs. Aussi, sachant qu'il devait se faire recevoir duc et pair en celui de Paris, le Parlement de Rennes priait qu'on le refusât jusqu'à ce qu'il eût donné satisfaction*. » Rapprochée
1. Ms. Bibl. Maz. — Journal de Duhuisson-Aubenay, t. VI, p. 17. A la
date du 2G, Dubuissou nous apprend que le duc d'Orléans fait venir à Paris quatre régiments allemands, et raconte une petite scène qui peint la situation : « Ce même jour, un secrétaire du duc d'Orléans vient tenter Mademoiselle, sa fille, pour voir si elle voudrait vendre ou engager de son bien pour assister Monsieur, son papa {sic); elle répond que si c'était lui qui lui en parlât, elle sait le respect avec leqriel elle lui répondrait, mais qu'elle trouvait fort mauvais qu'un autre tâchât à la persuader de s'ôter le bien qu'elle a, qui ne ferait point grand secours à M. son papa, et qui l'incommoderait très-fort, elle, dont M. son papa serait un jour marri tout le premier. »