‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 258 sur 420 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Mademoiselle s'empare d'Orléans. — Condé quitte la Guienne et vient prendre le commandement des troupes de la Fronde. — Combat de Bléneau. — Condé à Paris, accueil des Parlements. — Inquiétudes de la cour. — Misère à Paris. — Condé organise une sorte de terreur.

— Siège d'Étampes — Pamphlets de la Fronde. — Singulier rôle du duc Charles de Lorraine enFrance. — Désordres de son armée. — Arrêt de surséance pour le payement des dettes des habitants de Champagne et de Picardie donné par le Parlement de Paris. — La misère de la noblesse. — Projet d'union de la noblesse pour y remédier.

— Anarchie complète. — Statistique des registres de l'état civil à Arnay-le-Duc et à Verdun (Bourgogne) ; à Montcombrous et au Donjon (Bourbonnais); àÉvreux et à Saint- André (Normandie) t à Dreux (Orléanais); à Limours et à Forges-les-Bains (lie de France).

Les Mémoires ont donné une importance intéressée, démesurément grossie par la vanité des écrivains à cette guerre d'escarmouches, de sièges, de combats, qui remplit la période à laquelle nous sommes arrivé* : ces faits militaires n'amenèrent aucun résultat sérieux; aussi

1. La Fronde politique ne pourra être bien connue que par la publication de la Correspondance des principaux acteurs : déjà M. Louis Paris a donné dans son Cabinet historique les Lettres de Marigny à Lenet, l'habile conseiller de Condé; M. Chéruel prépare la Correspondance de Mazarin, et fera connaître celle des Fouquet dans son grand ouvrage sur les deux agents du cardinal. Mous-mème songeons à mettre au jour les Lettres de Fabert à Mazarin. Restera encore la collection aussi précieuse que considérable des Lettres du chancelier Se'-

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nous n'indiquerons la marche des armées qu'autant que cela est nécessaire pour apprécier les événements et la situation économique du pays. Hâtons-nous donc de rejoindre du côté d'Orléans l'armée de la Fronde, commandée par Beaufort et Nemours. Obligée d'arracher de tous côtés des contributions, 4,000 livres de Montfortl'Àmaury, autant de Nogent-le-Roi et de Houdan, malgré la désolation de la contrée', elle n'avançait que lentement et n'avait pu arriver à temps pour sauver Angers, d'où l'armée royale, fière de ce succès s'avançait à grandes journées vers Orléans. La possession de cette ville était d'un grand prix : l'autorité de Gaston ne pouvait être méconnue dans le chef- lieu de son apanage princier, sans que son crédit en reçut une mortelle atteinte : dès le 18 mars, il envoya, avec 8,000 livres pour s'assurer le bon vouloir de la populace, le comte de Fiesque tenir une assemblée générale oii l'on devait arrêter que le l'entrée de la ville serait interdite au cardinal Mazarin. La présence du lieutenant ne suffisant plus, on sollicite l'arrivée du duc d'Orléans ou de Mademoiselle, avec le

guier et de Pierre Lenet. Nous ne saurions trop le répéter, c'est dan» les correspondances ou les journaux, comme ceux de Dubuisson-Aubenay^ qu'il faut édudier l'histoire, et non dans les Mémoires, plaidoyers d'avocats intéressés, écrits longtemps après les événements' et trop souvent arrangés pour les besoins de la cause, où les dates, les faits habilement groupés ne servent d'ordinaire qu'à induire en erreur, surtout lorsque les auteurs, comme de Retz et La Rochefoucauld, sont des artistes en style.

1. Dubuisson, 13 mars 1652. — Ce manuscrit renferme, à la date du 18, la copie d'une lettre sans signature, mais qui doit être de Mademoiselle; celte lettre prouve que la question d'argent n'était pas étrangère à la détermination de la duchesse de Montpensier. «J'attends avec impatience comme M. de Fiesque aura été reçu, et ce qui aura été arrêté à l'assemblée de ville qui assurément s'est tenue à son arrivée. Tout mon bien est quasi aux environs d'Orléans; l'on s'intéresse à moins. »

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