‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 265 sur 420 · L'ARMÉE DE LA FRONDE · texte numérisé non relu

L'ARMÉE DE LA FRONDE

quelqu'un d'insulté, le prévôt des marchands ou les échevlns et les membres du Parlement, qui, au sortir des séances, étaient souvent maltraités et coururent risque de la vie. Condé, en effet, s'apercevant qu'il n'avait pas à s'applaudir d'avoir quilté l'armée pour Paris qui le repoussait, redoublait de violence. Turenne, de son côté, trompant par une marche habile les lieutenants de son rival, arrivait à Châtres ou Arpajon, conduisait la cour à Corbeil et de là à Saint-Germain, pendant que l'armée des princes, reconnaissant sa faute, venait camper à Étampes. L'armée des princes se rapprochait ainsi de Paris, où d'un moment à l'antre sa présence pouvait devenir nécessaire pour subjuguer les Parisiens, fatigués de cette longue lutte et disposés à céder et à rappeler à tout prix leur roi. Cette armée d'ailleurs commençait à se trouver dans une position difficile : les vivres faisaient défaut; le pays affamé ne pouvait plus même, depuis quelque temps, fournir le pain nécessaire, et elle ne subsistait,pour ainsi dire, que du vin qu'elle avait trouvé en une certaine abondance dans les ports de Montargis '. On devine facilement à quels excès une armée, d'autant plus indisciplinée qu'elle se savait nécessaire, pouvait se porter, excitée par un régime d'ivresse constante qui ne laisse plus subsister aucune discipline. Étampes, tombé au pouvoir de la Fronde, éprouva les effets ordinaires de la présence de ces pillards : les soldats, quoique logés seulement dans les faubourgs en vertu d'une capitulalion, venaient chaque jour dans la ville et y faisaient tant de désordres que beaucoup d'habitants furent contraints d'abandonner leurs maisons et leurs biens; ce fut encore

1 . Antic/uités de la ville et du duché d'Etampes, par le R. P. D. Fleueau, 1083; Histoire d'Etampes, par Max. de Montrond. 1836.

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