DANS TOUTE LA FRANCE
est si rigoureuse que, sans l'humanité du sergent exécuteur, les recors, sur l'ordre du receveur, après avoir saisi les meubles d'un oclievin de la ville, allaient enlever le lit, où la malheureuse femme de ce contribuable était gisante et à l'aiticle de la mort; ce mobilier vendu ne rapporta que 30 livres! Outre ces contributions ordinaires, ce sont constamment des réquisitions d'hommes, de vivres pour le siège de Seurre; en 18 mois, Arnay se chargea de trois impositions extraordinaires s'élevant à 42,000 livres, plus un octroi de 2 sols par mesure de farine et de 20 sols par chaque pourceau. Au 15 décembre 1651, elle reçut trois compagnies du régiment de Navarre : pour obtenir leur bienveillance, on fit un traité avec le chef, d'après lequel la ville donnerait chaque jour 120 livres; cette capitulation n'empêcha cependant pas les extorsions continuelles du chef el des soldats, et cela jusqu'au 3 mai 16o2, c'est-à-dire pendant 140 jours, dépense totale 168,000 livres, sans estimer les désastres.
Pour subvenir à toutes ces dépenses, la ville se voyait contrainte à des emprunts forcés aux habitants aisés, la taxe des aisés, comme avait fait Mazarin en 1G46. Un avocat ne voulut pas consentir à être taxé à 2,000 livres et n'offrait que oOO, parce que, disait-il, il avait déjà fourni à la ville 6,000 livres, et ne recommencerait que quand les autres notables auraient donné autant que lui; le maire, pour vaincre cette résistance d'un exemple dangereux, obtint du commandant lo soldats et 2 sergents qu'il envoyât chez Delacjoix pendant une absence « avec ordre d'y bien faire leur devoir, qu'il y avait moyen d'y faire bonne chère, parce que c'était un bon hôte. » Les soldats en nombre, et soutenus par l'autorité, commencent à fermer les portes sur eux et se « firent traiter