ANARCHIE COMPLÈTE
peuples oppressés demandent un secours qu'ils ne peuvent obtenir que par la paix. C'est ce qui a été le motif de l'arrêté qui y fut fait, de proposer par chacun des députés en leur bailliage particulier de demander au roi cette paix tant désirée, et les États généraux ci-devant promis comme l'unique moyeu qui nous la peut donner bonne et ferme.
Et en attendant le consentement desdits bailliages, il fut résolu d'en donner avis à MM. du clergé, comme à nos aînés, avec lesquels nos intérêts étant communs dès notre origine, comme il a paru dans tous les États généraux et dans les deux dernières assemblées de Paris sur le sujet dont il s'agit. Et pour recevoir réponse de ces députations, l'assemblée fut indiquée à Nogent-le-Roi au 15 mai.
En ce lieu de Nogent se sont trouvés à jour nommé les députés des bailliages ci-devant unis, auxquels se sont encore venus joindre quelques autres, et rapport nous ayant été fait par nos députés que plusieurs bailliages n'ayant pas eu assez de temps pour y envoyer dans les formes nécessaires, approuvent notre dessein et se préparent à s'y joindre.
Nous y avons pareillement reçu deux lettres dé l'agent général de MM. du clergé, par lesquelles nous avons appris en substance que MM. de leurs corps approuvent nos intentions et promettent de travailler à les insinuer et de solliciter avec nous dans le temps favorable, et pour cet elTet ont demandé quelque surséance.
Cette double raison nous a fait différer l'exécution de la députation vers le roi jusqu'au 8 de juin prochain, auquel jour l'assemblée a arrêté qiie deux députés de chaque bailliage, tant de ceux qui sont unis que de ceux qui s'uniront, se rendront à gîte à la Roche-Guyon-sur-Seine, proche Vernon, pour de là exécuter ladite députation vers le roi, et que cependant copie du présent arrêté serait envoyé à l'agent général du clergé, avec prière de le communiquer à MM. de son ordre
Suit la déclaration : Union de la noblesse, fuite en l'année présente de 1652. Nous, soussignés i, etc.
Que les circonstances difficiles où l'on se trouvait, le prochain retour du roi à Paris (octobre 1652), etc., aient empêché ce projet d'union de s'accomplir, le fait seul de celle circulaire atteste que l'anarchie régnait dans toute la force du terme, puisque chacun est réduit à se faire justice et protection à soi-même.
A Ai'nay-Ie-Duc (Bourgogne), la perception des impôts
1. Dubuisson, l. Vil, p. 843. Pièces justificatives et documents.