DE L'ÉTAT CIVIL
des inhumations et ne reprend qu'nu 14 mai 1652. C'està-dire que pendant près de six mois on ne lient plus note des décès, tant ils sont nombreux probablement... Il faut aussi voir la physionomie de ces registres, l'écriture hâtive, le peu de renseignements et, si fréquemment, cette lugubre répétition : Ce même jour... pour toutes ces inhumations ; involontairement, la lettre de Rotrou revient à la pensée : « Les cloches sonnent pour la vingt-deuxième per^^onne qui est morte aujourd'hui. »
La lacune qui se trouve dans le registre des mariages est encore plus frappante : durant quatre années, de 1630 à 16S4, plus d'unions enregistrées; est-ce une simple omission dans les écritures paroissiales, ou bien n'est-ce pas plutôt que le malheur des temps, le manque complet de sécurité ne permet plus à l'homme de choisir une compagne qu'il s'engage devant Dieu et devant les hommes à protéger; dans toutes nos recherches, il y a peu de témoignage de perturbation sociale qui nous ait autant attristé; c'est la fin du monde, la ruine de la ?ociété,ou, du moins, elle ne se perpétue plus que par le rapt et la violence, et cela en France, en plein dix-septième siècle, dans une monarchie qui comptait douze siècles d'existence ! Mais arrêtons-nous : laissons la parole aux chiffres; on ne pourra les accuser d'être déclamatoires!
Cette lacune etïrayante au sujet des mariages se retrouve dans les registres paroissiaux de Moiitcombroux (commune dépendant du Donjon, Allier). Pendant 16o0, 1651, 1652, aucune trace de mariages; en 1648, il y en avait 3; 1 seul en 1649; on en retrouve 4 en 1654. — Au Donjon, on trouve des mariages, mais le nombre diminue considérablement : au lieu de 15 unions célébrées. en 1649, on n'en trouve plus que 4 en 1650, 7 en 1651, 8 en 1632 et