STATISTIQUE DES REGISTRES
6 en 1633. — A Forges-les-Bains *, près de Limours, pendant ces trois années (1650-16o2), 3 seulement, dont 2 appartiennent à la petite noblesse ; en 1649, on en comptait 4, et en 1653, ils montent à 5. — A Dreux, on trouve une moyenne de 34 au lieu de 70, qui était le chiffre des mariages avant la Fronde. Nous n'avons rencontré d'exception à ce fait, dans le nombre de registres paroissiaux remontant à cette époque que nous avons pu consulter directement ou indirectement, que pour Verdun, en Bourgogni', dans le relevé statistique de M. Jeandet. Là, au contraire, le nombre des mariages augmente pendant cette période : d'une moyenne de 12, ils s'élèvent de 1650 à 1654 à une moyenne de 20 (sauf l'année 1651, où il n'y en a que 6). Il est vrai de dire que des étrangers, mentionnés dans les registres, pour la plupart, avec
1. A Forges, de 1640 à 1648, la moyenne des décès est de 7; pendant les quatre années de la Fronde elle s'élève à 20; les naissances tombent à 15, au lieu de la moyenne 23. Les nombreuses lacunes qui se trouvent dans les registres paroissiaux d'Évreux et de Saint-Andrésur-l'Eure ont empêché notre ami, M. Ernest Morin, de relever pour nous une statistique exacte; il entrevoit à peu près les mêmes résultats, mais cependant avec un caractère un peu moins affligeant. Ces lacunes lui paraissent être le résultat de mutilations intéressées, ayant pour but de faire disparaître toute trace des troubles et de leurs suites; cette mesure fut prise à Paris sur l'ordre exprès du roi pour les registres de l'Iiotel de ville, ainsi que l'ont constaté MM. Leroux de Lincy et Douëtd'Arcq, et depuis M. Lamé-Fleury, ingénieur, dans une curieuse brochure dont nous ne donnons le titre que de mémoire : Un dernier épisode de le Fronde ou la Lacération des registres du Parlement et de l'hôtel de ville. M. Elie Tilleul, ancien notaire, qui s'occupe avec intérêt de toutes les questions historiques, a fait ce dépouillement pour Dreux. Sur une population de 4,000 personnes avant la Fronde, la mortalité était d'environ 260, elle arrive en moyenne à 400 pendant cette période, et s'élève même en 1651 jusqu'à 531 ; les naissances suivent une progression contraire; au lieu d'une moyenne de 265, elles s'abaissent à 189, et n'ont retrouvé leur niveau qu'une seule fois jusqu'en 1600, oii elles n'atteignent encore que 232, conséquence naturelle du petit nombre des unions, qui s'élèvent à peine à la moitié du chiffre normal d'avant la Fronde.