DANS PARIS PAR LA TERREUR
nenle, comme à l'approche des grands orages politiques, il y avait quelque chose dans l'air. Un des députés convoqués, marchand de la rue Saint-Denis, retenu par sa femme, répondait : « ('.'est mon devoir d'y aller, puisque je suis nommé; » mais, comme s'il allait au combat, ou plutôt à la mort, il se confessa et communia. Le 4 au matin, la journée commença à la place Dauphine; de nombreux rassemblements s'y formèrent, et au milieu d'eux des officiers et des soldats déguisés en hommes du peuple et chargés de diriger, d'échauffer cette multitude. Ils s'avisèrent, pour se reconnaître, de reprendre l'insigne, inventé, dit-on, par Mademoisell.' à la sanglante journée du faubourg Saint-Antoine, et d'attacher des bouquets de paille à leurs chapeaux. Le rassemblement !ie met en marche, se dirigeant vers l'hôtel de ville, maltraitant sur son passage tous ceux qui ne portent pas la paille, cette marque caractéristique des ennemis de Mazarin. L'effroi le fait prendre, les femmes à leur éventail ou à leur coiffure, les hommes à la boutonnière ou au chapeau, les religieux à leur froc : tout le monde en porta, même les enfants, les gueux, « et jus. u'aux ânes et aux chevaux*. » « La procession de la Ligue n'était rien en comparaison, écrit Marigny à Lenet, et votre ormée n'est que fleurette auprès de ce que nous vîmes; la paille n'est plus paille, c'est fleur d'antimazarin 2. » Quatre compagnies de la milice bourgeoise étaient postées sur la Grève; mais la plupart des miliciens subissaient ou partageaient l'exaltation des bandes : « Allez! criait-on de tous côtés aux députés qui se rendaient à l'assemblée,