RÉACTION CLÉRICALE
"ment : à la tête sont deux de ces esprits inquiets, agités, qui, comme l'abbé Fouquet et son frère, le procureur-général Nicolas Fouquet, semblent nés pour l'intrigue et jouent un grand rôle dans les époques de trouble; ils servent à réunir en faisceau tous ces fonctionnaires découragés, sans force parce qu'ils agissent isolément, le maréclial de l'Hôpital, le prévôt des marchands, son fils le conseiller Labarre et le premier président Mole. Une petite partie de la volumineuse correspondance de Mazarin, que nous avons pu étudier soit aux bibliothèques impériale et Mazarine, aux archives de l'empire, toit dans les copies que la bienveillance de M. Chéruel a mises à notre disposition, nous a laissé entrevoir quelques coins de ce vaste champ d'intrigues. La publication des Lettres de Mazarin et l'Étude sur les deux Fouquet ne laisseront rien à désirei*.
Mazarin avait encore un auxiliaire plus puissant, le clergé. M. l'abbé Maynard s'est trompé lorsqu'il a cru reconnaître les éléments d'une opposition religieuse contre le favori d'Anne d'Autriche dans quelques passages des Carnets de Mazarin publiés par M. Cousin. Il s'agit simplement d'une lutte de position entre le cardinal et l'évêque de Bea avais Potier, soutenu de ses amis ; d'une revendication d'inlluence par certains chefs de communautés tels que la supérieure du Val-de-Gràce; 31. Maynard a grossi les proportions de quelques petits faits, accidents de cour, qui tous d'ailleurs se rapportent au commencement de la régence et lorsqu'il s'agit de se rendre maître du terrain. Un clergé hostile se fût conduit bien autrement; il se fût rappelé facilement les scènes et les prédications de la Ligue, qui remontaient à peine à cinquante ans. Où voit-on rien qui, de prés ou
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de loin, ressemble à cette démocratie religieuse, dont M. Labitte a si vivement retracé le tableau ? A cette preuve négative ajoutons des faits positifs qui montreront évidemment l'erreur dans laquelle une politique toute d'actualité, nous le craignons, a entraîné le récent historien de saint Vincent de Paul.
Quatre jours seulement après que le roi s'est enfui de Paris, le 10 janvier 1649, le journal de Dubuisson nous montre les archevêques de Bordeaux, de Toulouse, les évoques d'Avranches et d'Aix et jusqu'à « deux ou trois douzaines » de prélats proposant de s'assembler chez l'archevêque de Paris pour s'entremettre « de quelque accommodement entre le ministre et le Parlement; » cette proposition a probablement reçu un commencement d'exécution, puisque le 14 janvier on refuse la sortie de Paris aux « ecclésiastiques qui veulent aller à Saint- Germain proposer un accommodement; » les mêmes tentatives du clergé se renouvellent encore le 17 ; essayer à trois reprises une médiation entre Mazarin et le Parlement, à cette époque de fureur générale contre le ministre, peut, ce nous semble, être compté comme une preuve de sympathie.
Si, le 25 janvier, le Coadjuteur fait un discours frondeur et parlementaire à l'église de Sainl-Paul, on peut facilement opposer maint sermon anlifrondeur, entre autres celui de l'abbé Lingendes (6 mars) où Beaufort crut se reconnaître dans le tableau passionné de la révolte d'Absalon, ce qui amena de si longs démêlés; le 18 février, le zèle que montrent les prélats en faveur de la cour et de Mazarin, amène l'arrestation momentanée des évèques de Dol et d'Aire ; une mazarinade croit même devoir expliquer en faveur du mouvement le silence du