NOUVELLES DÉPUTATIONS AU ROL
Après l'établissement de la nouvelle Ligue royaliste les événements se précipitent : sur la demande d'un échevin, Broussel, avec l'assentiment du duc d'Orléans, donne sa démission de prévôt, en disant qu'il n'a jamais ambitionné celte charge et qu'on « sait assez comment il l'a acceptée. » Gaston autorise une députation du corps des marchands à se rendre auprès du roi, à Pontoise, pour solliciter son retour; un des députés, au rapport de la Gazette, toucha surtout la cour en représentant
« la misère des pauvres malades de l'Hôtel-Dieu de Paris, qu'il dit monter à 3,000, lesquels on serait obligé d'abandonner si l'on ne mettait bientôt fin à cette guerre qui avait fait perdre à cet hôpital la plus grande partie de son revenu. »
Bientôt une nouvelle -députation de la milice bourgeoise se rendit à Saint-Germain, où la cour était venue s'établirpourse rapprocher encore de Paris, et Beaufortfut lui-même obligé de se démettre de sa charge de gouverneur. Le 12 octobre, le duc de Lorraine quitta la capitale, et son exemple fut imité deux jours après par Condé.
Il ne restait plus à Paris que le duc d'Orléans; il n'était ni de taille ni d'humeur à disputer au roi l'entrée de sa capitale; aussi le roi partit de Saint-Germain le 21 octobre avec Turenne, et, du bois de Boulogne, envoya dire à son oncle de ne pas demeurer dans la ville; celui-ci s'engagea, par écrit, à en partir le lendemain, ce qu'il fit en effet, se retirant à Blois, où il mourut dans l'obscurité, d'où il n'eût jamais dû sortir*. La duchesse d'Orléans,
1. C'était bien Mazarin qui, de loin, avait dicté celte dernière mesure; dans une lettre à l'abbé Fouquet, du 12 octobre, on lit : « Que Son Altesse Royale s'en aille dans sou apanage, c'est tout ce que nous saurions souhaiter, et ce serait un grand malheur s'il demeurait à Paris, gouverné par M. le cnrdinal de Retz, M. de Chàteauneuf et autres de cette cabale-là, puisque par ce séjour nous serions eiposés aux mêmes inconvénients où l'on est tombé par le passé. »