‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 337 sur 420 · AU LOUVRE · texte numérisé non relu

AU LOUVRE

posé à la royauté des conditions de gouvernement dont il demeurait à peine un souvenir. Tout l'intervalle de ces quatre années avait été rempli par la désolation du royaume, par la perle de son unité au dedans et de son influence au dehors, par la misère des parliculiers et Tépuisement des ressources publiques, sans que de ce désordre fût sortie une seule institution féconde pour la réparation des abus et des vices sérieux qui composaient l'ancien régime. Beaucoup d'idées cependant avaient été semées et germeront dans le demi-siècle qui s'ouvre*. Le terrain était tellement déblayé des renommées prétentieuses qui, pendant quelque temps, l'avaient occupé, qu'un roi de quatorze ans, une reine décriée, et l'ombre d'un mi-

1. Les historiens ont pu souvent remarquer que les mesures d'ordre, de progrès, qui d'ordinaire signalent l'itistaliation des périodes d'autorité, en général ont été empruntées aux idées de l'époque de troubles qui les a précédées et amenées. A son grand honneur et profit, le pouvoir habile fait accepter aux intérêts menacés par la révcjulion une sorte de compromis qui donne satisfaction aux besoins réels et aux aspirations de la société, et en même temps lui fait faire un pas important dans la voie du progrès. Toute notre histoire en fait foi : c'est dans les projets des Etals généraux, dirigés par Pierre Marcel, que Charles V va choisir les réformes et les institutions qui lui ont valu le surnom de Sage, et donné à son règne un caractère réparateur. Charles VII le Bien servi puise également dans la grande ordonnance des Cabochiens. L'hôpital et les illustres jurisconsultes qui nous ont donné l'ordonnance de Moulins sont contemporains des guerres de religion et des luttes ardentes du xvi" siècle. Henri IV succède à la démocratie de la Ligue; l'administration de Richelieu doit plus d'une des sages mesures qui reciunmandent ce ministère, à cette assemblée orageuse des États généraux de 1614, qui fut la dernière de l'ancienne monarchie. M. Laferrière, inspecteur général de l'enseignement supérieur en France, a montré tout ce dont notre législation actuelle est redevable aux discussions fécondes des assemblées de la grande révolution de 1780; M. Moreau, éditeur des Mazurinades, hier encore rédacteur de l'Ami de la religion, a établi avec beaucoup de sagacité que les premières réformes qui ont signalé le règne de Louis XIV ont été conçues et ordonnées sous l'influence des mouvements de la Fronde. On cousultL-ra avec fruit sur ce sujet la préface de ses Courriers de la Fronde.

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