‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 338 sur 420 · TRISTE BILAN DE LA FRONDE · texte numérisé non relu

TRISTE BILAN DE LA FRONDE

nistre absent, n'y rencontraient plus d'obstacle à leur volonté; Mazarin seul manquait au triomphe qu'il avait préparé, malgré son vif désir d'y prendre part, puisqu'il avait été à la peine; désir qui perce dans toute sa correspondance avec les Fouquet.

Quel triste inventaire le jeune roi pouvait dresser comme résultat final de ces quatre années de troubles ! Qu'étaient devenus ces temps signalés par les grandes victoires de Rocroy, de Fribourg, de Nordlingue, de Lens, triomphes qui aidaient la France, toujours fascinée par la gloire militaire, à supporter avec patience sa profonde misère, ses dures souffrances? Combien était éloigné maintenant ce jour où, le traité de Westphalie à la main, elle avait espéré imposer à l'Espagne, par un second traité, l'aveu définitif de l'abaissement du grand empire de Charles -Quint et de la supériorité des successeurs de François l^\ l'ancien vaincu de Pavie, le prisonnier de Madrid! Il avait fallu la lassitude, l'épuisement, l'impuissance, bien réelle déjà, de la monarchie espagnole, pour que la France pût, pendant trois ans, protéger encore, à peu près, ses conquêtes. Mais depuis 1652, en Flandre et du côté des Pyrénées, l'Espagnol commençait à réparer ses pertes : après un siège de cinq semaine?, Gravelines se rendait, et Mardyck, abandonné par les Français, retombaitaussi sous leur domination : Dunkerque, isolé par ces succès, se trouvait sérieusement menacé, et bientôt, malgré la courageuse défense du comte d'Estrades, l'Espagne , avec l'aide de Cromwell , reprenait cette place importante ; à l'extrémité opposée , elle en reprenait encore une autre plus importante. En Catalogne, le maréchal Lamotte-Houdancourt fit vainement d'héroïques efforts pour garder Barcelone; au bout de six mois, il

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