CIRCULAIRE DE CONDÉ
saientque suivre l'autorisalion que leur donnait leur chef de faire hardiment la maraude d'hommes^, pour se procurer de l'argent, comme en fait foi la circulaire qui suit :
« Louis de Bourbon, prince de Condé, etc.
« L'état présent où nous nous trouvons, par la nécessité où nous ont réduit nos ennemis de cherclier notre sûreté contre les violences et mauvais traitements qu'ils nous préparaient sous le nom et l'autorité du roi, voulant que, selon l'ordre et les droits de la guerre, ceux gui sont entrés dans notre parti lâchent de faire des prisonniers du nombre de ceux qui nous sont contraires, nous avons jugé qu'il pourrait arriver que dans les courses qu'ils feront, ils rencontreront plusieurs personnes pour lesquelles nous nous reconnaissons obligé d'avoir une considération très-particulière, tels que sont MM. des Compagnies souveraines établies dans la ville de Paris, puisqu'ils ont le titre et le caracicre de principaux officiers du roi, auxquels par cette raison nous serons toujours plus disposés de rendre les services que leurs qualités et mérites particuliers exigent de nous, que d'approuver que, sous notre nom, il leur soit fait aucun déplaisir, nous avons par ces présentes déclaré et déclarons que nous tiendrons et réputerons de mauvaise prise, pendant le temps que notre malheur nous tiendra en l'état où nous sommes, tous MM. les officiers du Parlement, Chambre des Comptes, grand Conseil et Cour des aides de Paris qui pourront être rencontrés ou arrêtés par ceux qui serviront sous nos ordres, leur défendons de les arrêter en quelque lieu qu'ils les puissent rencontrer, et leur enjoignons de les laisser aller, venir et séjourner en toute liberté sans leur méfaire on quelque manière que ce soit, même de leur rendre tous les respects et services qu'ils voudraient rendre à notre propre personne, et sera notre présente déclaration publiée dans les places que nous tenons, en l'armée que nous commandons, et partout ailleurs où besoin sera, afin qu'il y soit obéi, et qu'aucun n'en prétende cause d'ignorance.
« Fait au camp de Lilers, le 12 juillet 1657'.
<i Signé : Louis de Bocrbon. »
On se décida enfin à faire le siège des villes de Mouzon, Rocroy, de Réthel, de Sainte-Menehould pour arrêter les
1. Cette lettre fut faite après un avertissement donné à Condé que le Parlement allait s'assembler pour pourvoir à la sûreté publique, sur ce qu'un de ses membres avait été arrêté par les gens de Condé et pour mettre la division entre le conseil du roi et les cours souveraines. Libl. imp.,ms. Recueil historique, t. VII, p. 228. Recueil Thoisy.