ACHÈVE LA RUINE DE LA BOURGOGNE
vivres pendant huit jours, pour travailler à la démolition des forlilicalions de Seiirre. Aussi l'année suivante les impôts ne purent plus être recouvrés. Au mois de mars 1654, les habitants de Verdun et de Saint-Jean de Losne sont déchargés par les élus de Bourgogne de 200 livres sur leur cote des impositions de l'année 1652, « en considération de leur pauvreté, causée par la guerre du siège de Seurre. »
Les faits de celte nature remplissent les registres des élus de Bourgogne : la dépopulation venait à la vue seule des armées ; dès que Seurre avait été envahie par les soldais de Condé, la plupart de* habitants s'étaient enfuis, les magistrats municipaux avaient cessé leurs fonctions. Les professions les plus indispensables aux besoins de la vie n'y étaient plus exercées, ainsi que dans beaucoup des villes environnantes.
« Le 3 août 1656, Guillaume Goujet, maître apothicaire et l'un des échevins de Seurre, obtint arrêt du Parlement de Dijon pour l'exécucution des statuts de l'art et métier d'apothicaire dans les villes de Seurre, Verdun, Chaussin et Bellevesvre, sur sa requête contenant que comme au sujet des guerres survenues au comté de Bourgogne et des sièges de Seurre, lesdites villes avaient été désolées, et qu'il n'y avait audit Seurre, etc , aucun maître juré du métier d'apothicaire, ceux qui l'exerçaient étant décédés*. »
Par suite du déplorable état des finances^ dans cette époque d'anarchie, les secours mêmes devenaient une charge : afin d'approvisionner les troupes employées au siège de Seurre, et d'empêcher ainsi leurs pillages, on eut recours aux réquisitions dans ce pays ruiné; pour la ca-
1 . Registre des délibérations de la ville de Seurre, années 1653-1660.
2. Nous voyons dans un manuscrit de la collection de Bourgogne, t. L, que les comptes des receveurs particuliers pour les annf'es 1648 et 1649 n'ét-iient pas encore rendus en 1633., c'est-à-dire cinq ans après. F° 5.