LA RÉACTION COMMENCE
Toutes ces manœuvres de Condé avaient profondément irrité le Parlement et la bourgeoisie; aussi l'opposition commença à se montrer; la nuit, on affichait des placards sanglants qui incriminaient l'affection de Conti pour la duchesse de Longueville; celle-ci en pleurait de rage; on les brûlait par la main du bourreau, mais ils reparaissaient plus insolents, plus cruels*.
Ces placards n'étaient qu'un moyen de préparer l'opinion publique; on entra bientôt dans la voie des conspirations royalistes : au commencement de décembre 1652, un complot s'organisa par les soins d'un conseiller au Parlement, Massiot, dont le but était de tuer les chefs de rOrmée et de faire soumission au roi. La conspiration fut découverte, Massiot exilé avec un certain nombre des conjurés les plus redoutables; en même temps des confiscations politiques vinrent redonner un peu d'argent au parti ruiné et intimider les gens indécis.
En présence de cette bonne volonté à Bordeaux, la cour ne pouvait pas abandonner sa propre cause et rester inactive ; elle avait remplacé d'Harcourt par le beau Caudale, fils de l'ancien gouverneur d'Épernon, qui commandait des forces considérables, soutenues. par la flotte du grand-amiral de Vendôme et la valeur et l'habileté du comte d'Estrades. Il se rendit bientôt maître de Villeneuve d'Agen que d'Harcourt avait inutilement assiégé, et au commencement de 1653, la domination de la Fronde en Guienne se réduisait à Bordeaux, aux villes les plus voisines. Bourg, Saint-André, Libourne, et à quelques places isolées dans les provinces limitrophes, Bergerac,