‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 367 sur 420 · RÉACTION CLÉRICALE A BORDEAUX · texte numérisé non relu

RÉACTION CLÉRICALE A BORDEAUX

ciel la cessation de tous ces maux, au grand avantage du parti royaliste : « Le 30 janvier, à l'ouverture des prières de quniantc heures, le curé de Saint-Pierre fit une docte prédication, en laquelle il exhorta ses pai'oissiens à secouer le joug des Ormistes. » Aux reproches du prince de Conti qui l'accuse d'avoir prêché contre son parti, le curé réplique qu'il n'est partisan que de l'Evangile; arrêté, il est délivré par ses paroissiens qui s'avancent au son du beffroi. Le lendemain il reçoit ordre de s'éloigner ainsi que les curés de Saint-Simon, de Saint-Projet, le prieur des jacobins, le gardien des capucins, quelques conseillers et bourgeois*. Bientôt des mesures plus sévères vinrent révéler la diïïîculté de la situation où se trouve rOrmée : une ordonnance du 13 février enjoint à toutes personnes inconnues de sortir de la ville, avec défense aux hôteliers et autres habitants de loger aucun étranger sans en avertir les jurats. Cette ordonnance était motivée par la découverte d'une nouvelle conspiration d'un cordelier, le P. Beithod, qui déjà avait été mêlé avec le P. Faure, plus tard évêque d'Amiens, aux conspirations royalistes de Paris, et qui avait gagné à la cause de la cour le P. lîhier, supérieur du couvent des cordeliers de Bordeaux-; la conspiration échoua encore, mais pour

1. M. Cousin n'a pas assez mis en lumière ce mouvement clérical, en abordant immédiatement la conspiration des PP. Bertliod et Ithier, qui n'en est que le couronnement.

2. Voir pour toute cette conspiration et celle de Filhol le piquant récit de M. Cousin, p. 323, les Mémoires trop peu connus de Berthod. Nous avons trouvé à la bibliothèque iiupériale, dans le Recueil Can^^é, t. XXVIII, deux sauvegardes données au P. Berthoii à la date du 20 octobre et du 24 novembre l(i52, « l'autorisant à se travestir, si besoin est, pour le service de Sa Majesté, sans que pour cela il lui puisse être imputé d'avoir contrevenu à sa règle et aux ordonnances royaux; Sa Majesté l'ayant mis sous sa protection et sauvegarde spéciale, mande à tous ses officiers de lui procurer aide et assistance quand ils en seront

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renaître avec l'avocat Chevalier et Jacques Filhol, trésorier de France à Montauban.

La cour ne se contentait pas de ces menées souterraines, de ces intrigues si fort dans le goût de Mazarin, elle agissait ouvertement et par un moyen qui lui avait réussi déjà contre Paris: le 3 mars 16S3. un ordre du roi convoqua le Parlement de Bordeaux à Agen, où il y eut bientôt une majorilé formée du grand nombre des conseillers exilés par l'Ormée et de ceux qui, fatigués de tous ces désordres et craignant pour eux-mêmes, vinrent les rejoindre, malgré les défenses et la garde diligente de Marsin autour de la ville; c'était ôler à la rébellion sa dernière apparence de résistance légitime. L'Ormée aux abois descendit à son tour cette peuîe glissante de la trahison et de l'alliance avec l'étranger : un acte du 4 avril, signé du prince de Conti, de Lenet, de Marsin, du maire, des jurats et de 12 autres Ormistes, autorisait trois bourgeois de Bordeaux à aller rejoindre le marquis deCugnac à Londres, « et à faire tous traités, associations et alliances avec MM. du Parlement de la république d'Angleterre, pour obtenir d'eux des secours nécessaires d'hommes, de vaisseaux et d'argenl, à ttlles conditions qu'ils jugeront à propos, promettant de tout ratifier et approuver; » ils devaient offi'ir un port dans la rivière de Bordeaux et assurer que les protestants, n'attendant que « des gens de même esprit et de môme religion, » étaient prêts à se joindre à la Fronde, dès qu'une armée anglaise apparaîtrait dans la Gironde.

Pendant que Cromwell, peu confiant en ces promesses hasardées, envoyait un agent diplomatique, Stoop, moitié

requis par lui. » Celle du 24 novembre s'applique spécialement à la Guienne, Bordeaux, Blaye et autres lieux...

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