‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 388 sur 420 · MAITRISES DONNÉES AUX OUVRIERS · texte numérisé non relu

MAITRISES DONNÉES AUX OUVRIERS

dises et de cinquante livres d'amende; l'oixlonnance de Louis XIV maintient les artisans de ce faubourg dans la jouissance des franchises dont ils ont ci-devant joui.

« Considérant que la plus grande partie des ouvriers et artisans, soit des diverses provinces et frontières de notre royaume, ruinés par le malheur des guerres, lesquels ont perdu tous leurs biens, et par cettti nécessité ont été contraints avec leurs familles'd'abandonner leur pays, et au lieu de mendier leur vie, comme ils feraient, ont pris retraite au faubourg Saint-Antoine comme exempt de tout temps des maîtrises, pour y travailler de leur métier, et qu'au lien de leur donner moyen de continuer leur travail, on voudrait de l'édit d'octobre lG/i2, les priver de cette faculté et les réduire à cette première nécessité de misère, et augmenter le nombre des pauvres, desquels les hôpitaux de Paris sont grandement surchargés, joint la cherté des vivres, la ruine du faubourg par les gens de guerre et débordement des grandes eaux en 1649 et 1651, qui ont démoli la plupart des maisons, qui ne sont pas encore rétablies ; considérant toutes ces choses, révoquons l'ordonnance de 1642. »

Deux ordonnances d'avril 1656 et de mai 1657 accordent la maîtrise, sans chef-d'œuvre ni payement d'aucun droit, à tout ouvrier apprenti de Paris qui épousera une orpheline élevée dans l'Hôpital de la Miséricorde, afin de soulager cette maison, à laquelle on doit un arrérage de rentes de plus de 90,000 livres sans pouvoir les lui payer. Cette maison « est tombée dans une grande nécessité, et sera bientôt entièrement ruinée, si on ne vient à son secours. » Un nouvel arrêt du 5 avril 1659 confirme les mêmes privilèges, par suite de la continuation du même état de pénurie du trésor royal*.

L'abondance des blés en 1656 apporta un instant deré-

1. Ârch. de la préfecture de police. Ordonnances de police, t. XIII, passim. — Indiquons encore deux pièces très-importantes sur la situation du commerce; l'une publiée par Forbonnais, t. 1, p. 274 et suivantes : Très-humbles. remontrances des six corps de marchands de la ville de Pa)'is, 1654; l'autre est insérée dans le Recueil de pièces fugifiues, in-4", Fontanieu. Bibl. imp. ms. Mémoire sur le commerce.

Page 1