‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 389 sur 420 · ASSISTANCE PUBLIQUE DE L'ÉTAT · texte numérisé non relu

ASSISTANCE PUBLIQUE DE L'ÉTAT

pil dans la situation misérable de la France; la plupart des villes qui avaient été prises au dépourvu pour le soulagement de leurs malades en profitèrent pour établir des hôpitaux : nous citerons en particulier Rouen, Château- Thierry, Beauvais, où un bureau des pauvres d'une organisation toute particulière fut établi par les soins du chanoine Hermant, un des intimes de Port-Royal (1635), Tours (16S6), Poitiers (1657), Soissons (1660), etc.; mais toutes furent surpassées par l'hôpital général de Paris, créé en 1657 pour débarrasser la ville des nombreux mendiants qui Tinfectaient, la pillaient, et à la moindre alerte trouvaient un asile dans onze cours des miracles alors existant à Paris : asiles impénétrables, car chacun de ces labyrinthes renfermant environ une population de plus de 3,000 habitants dans les époques ordinaires, personne n'osait les affronter. Une grande part dans cette institution revient encore à Vincent de Paul, d'abord pour son hôpital du Nom de Jésus, qui servit de modèle, et par la forte impulsion que lui et ses dames de charité donnèrent à l'entreprise. On voulut même donner à Vincent et à sa Congrégation des missionnaires la direction de cette œuvre charitable importante; mais il refusa à la suite d'une longue délibération tenue avec tous les membres de son ordre, et se contenta de donner un de ses disciples chéris, son premier biographe, Louis Abelly. pour recteur de cette maison'.

1. Cette organisation et la part qu'y prit Vincent de Paul étant trèsconnue, nous n'insisterons aucunement. Voir pour l'hôpital général les divers édits qui se trouvent au t. XIII des Ordonnances de police; Floquet, Histoire de Bossuet avant son préceptorat; il y est longuement question de l'établissement de l'hôpital général, pour lequel Bossuet prêcha, et c'est une des rares circonstances (avec la prise d'habit de mademoiselle La Vallière) où l'on trouve quelques accents de pitié dans cette bouche qui ne nous a habitués qu'à une éloquence sublime ou

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