CHAPITRE IV
Heureux commencements de la Régence d'Anne d'Autriche. — Son ignorance incroyable en administration fait de cette époque l'âge d'or des courtisans. — Vraie cause de la Fronde : lutte contre le mini.itériat ; chacun veut conserver ses privilèges. — L'administration d'Èmery et de Mazarin est une chasse à l'argent. — Démêlés avec le Parlement qui, dans la chambre de Saint-Louis, entreprend la réforme de l'État. — La victoire de Lens inspire des mesures audacieuses à Anne d'Autriche. — ■ Te Deu/)i et Journée des barricades. — Curieuses relations. — Vrai r(Me du coadjuteur, tiré d'un sermon prononcé par lui la veille des barricades. — Mobilité politique de Condé. — Déclaration du 22 octobre.
Api'ès la mort de Louis XIII, la régente, dit M. Michelet, ouvre son triste règne par un chemin de Heurs, sans qu'on sache pourquoi ni comment, celte étrangère est adorée. Elle est femme et elle a souflert : les cœurs sont attendris d'avance, ses malheurs lui sont comptés presque pour des vertus; elle est faible : chacun espère en profiter. Avec cette Espagnole déjà mûre (quaranîedeux ans), mais de bonne mine et de manières agréables, ce sera un règne gilant. Mais qui sera le préféré? Cette
loterie d'amour autorise Tinfini des rêves En atlen-
dant, tout tourne à son profit. Le dernier favori du roi défunt. Condé, fait à Rocroy la brillante préface du