‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 63 sur 420 · RÉGENCE D'ANNE D'AUTRICHE · texte numérisé non relu

RÉGENCE D'ANNE D'AUTRICHE

règne emphatique de Louis XIV. C'est l'enfant, c'est la régente qui en ont l'honneur. Heureuse reine qui gagne des batailles en berçant son fils... C'était une merveille inouïe de voir Ja gloire inaugurer le gouverneinent d'une femme, d'un enfant, gouvernement dont l'idée s'associe d'ordinaire à celle de la faiblesse et de l'impuissance.

Ce grand bonheur fit deux malheurs : il créa un héros insatiable et insupporlable, monté surdeséchâssês et prêt à tout luer pour la moindre prétention d'orgueil ou d'intérêt; d'autre part, il glorifia l'avènement de Mazai^in et affermit son pouvoir. La Fronde et toutes ses misères sont là en germe.

Personne en effet ne paraissait avoir moins de chances d'arriver au pouvoir que lancien favori de Richelieu et de Louis Xllf, le petit étranger diplomate, qui n'avait pas su ménager la reine, aujourd'hui toule-puissanle et probablement implacable. Aussi, rélonnement fut-il giand lorsqu'on le vit chef du conseil. On ne pouvait croire toutefois que sa faveur serait de longue durée; mais il fallut reconnaître que le crédit de l'habile galant était sans bornes : d'après les conseils du minislre, malgré les sollicitaiions du pro[ire cœur de la reine et les prières de tous ses amis, c'est la politique de Richelieu qu'on suivait, cette politique conlre laquelle Anne avait combattu, cette politique à cause de laquelle la fière Espagnole avait souffert pendant tout le règne précédent : la sœur du roi d'Espagne s'effaçait chaque jour .pour laisser la place à la mère du roi de France, à la reine régente. Il fallait, pour opérer ce changement, une grande autorité; mais ce qui marquait encore mieux les progrès du nouveau favori, c'était la familiarité que cette femme

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