‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 73 sur 420 · SERMON DE GONDY · texte numérisé non relu

SERMON DE GONDY

la chaire, Gondy pouvait exlialer tout son mécontentement, adresser une leçon a la reine et au ministre, censurer l'administration, réclamer au nom des peuples opprimés, etc. Jamais tribun n'eût rencontré une circonstance plus opportune; et croit-on que de Retz y eût manqué, s'il eût été en ce moment engagé dans l'opposition faite à la reine et à Mazarin. Loin de là, Gondy ne sait trouver que des éloges « pour la plus grande et la plus vertueuse des reines. » Il exhorte le jeune roi à n'oublier jamais les conseils de sa mère, qu'il compare à Blanche de Gastille. S'il louche en passant à l'afQiction des peuples par suite des longues guerres, il n'en accuse que « l'opiniâtreté des ennemis. » « La piété de la reine l'eût fait cesser depuis longtemps si le terme dépendait de sa volonté, » etc. N'est-ce pas le langage d'un prélat courtisan qui attend une faveur du pouvoir, et par ses tlatteries témoigne de son dévouement absolu ? C'étaient en quelque sorte des arrhes qu'il donnait pour le chapeau de cardinal*.

La journée des Barricades, le triomphe de Broussel, qui, selon la juste remarque de madame de Motteville. « n'avait rien de recommanilable que d'être eïitêté du bien public et de la haine des impôts, » les symptômes généraux de l'opinion tout à fait déclarée pour le Parlement 2, auraient dû convaincre la reine qu'elle pouvait facilement reconquérir sa popularité des premiers jours et arrêter les troubles en donnant satisfaction aux inté-

l.Bibl.imp. -j^.

2. Un trésorier de France de Poilier?, en septembre 16't8, fît une rente pour une messe tous les jours dans la chapelle du Palais de Paris, pour la prospérité de ceux qui avaient travaillé pour la réforme de l'État. Ms, Bl. Manteaux, 60. Bibl. irap.

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