‹ La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul (volume 3)Chapitre 85 sur 420 · EN NORMANDIE · texte numérisé non relu

EN NORMANDIE

sel '. La cour de Saint-Germain s'alarme eft voyant tarir cette source importante de ses revenus et défend de continuer ces ventes sous « peine de la vie , rasement des maisons et abattement des arbres à hauteur de trois pieds; » mais c'est en vain; les greniers demeurent ouverts en permanence, et le peuple y court en foule.

Riche de toutes ces ressources, le parti du duc veut lever des troupes et empocher le roi de pouvoir en faire autant; un édit ordonne que tout village ou bourg déclos fournira autant d'hommes armés d'épées et de mousquets qu'il paye de fois 500 livres d'imposition^ punissant la désobéissance de 50 livres de surtaxe par chaque homme non fourni, et récompensant le zèle par une diminution de 50 livres pour chaque soldat envoyé en armes à l'armée normande. De tous côtés, d'ailleurs, arrivèrent les adhésions : une lettre d'Harcourt à Mazarin, du 11 février, signale les progrès de l'insurrection, et la Normandie se trouva définitivement engagée dans la Fronde. Elle n'y prit cependant qu'une partie indirecte, mais qui ne fut pas moins funeste à la cour, et contribua à la longue durée de la révolte. La Normandie fidèle fournissait au roi dans Rouen un centre de résistance, un siège de goavei'nement où il eût Irouvé soldats et revenus, et d'oii il pouvait d'un seul coup écraser Paris rebelle; c'était au plus, et dans de meilleures conditions, la campagne de Henri IV à recommencer. Frondeuse, au contraire, cette province enhardissait la capitale par son adhésion et par ses promesses, et en même temps affaiblissait l'armée royale qu'elle forçait à se diviser.

L'exemple de Rouen fut contagieux : Amiens^, mécon-

1. Journal de ce qui s'est passé au Parlement île Rouen. Us., Bibl. imp. RK, fo 103; Floquet, Histoire du Parlement de Normandie.

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