CHAPITRE VI
Les Mémoires ne donnent pas la véritable histoire de la Fronde. — Contradiction entre les Mémoires de madame de Moiteville et les documents an sujet du sort de Paris et des environs pendant la première Fronde. — Lettres de la mère Angélique Arnauld. — Interruption du commerce de la foire Saint-Germain, du service des postes; remises des loyers aux locataires. — Journal de Lehault; enquêtes recueillies par M. Ed. Fleury; documents de la Champagne. — Les trois grands ravageurs de la première Fronde : Erlach, Digby et le prince de Condé. — Erlach n'a pas mérité sa réputation de férocité. — Misère et cruautés en Anjou, en Normandie; lettre curieuse du comte d'Harcourt, gouverneur de la province; bilan de cette guerre pour rire en Normandie; désastres en Provence, en Languedoc, en Guienne; appauvrissement général du Lyonnais et du Dauphiné, qui cependant sont restés étrangers à la Fronde. — Détresse de la cour.
Une des clauses du traité de Saint-Germain demandait l'éloignement des troupes des environs de Paris et leur renvoi dans les garnisons ordinaires; leur court passage, en etïet, avait été déjà marqué par d'amères douleurs, de nombreuses ruines, et cependant la guerre s'était bornée à des escarmouches et à quelques rencontres. Comme tout se faisait en riant, les contemporains qui écrivirent leurs Mémoires, au bout de quelques années, avaient perdu le souvenir des nombreux désastres privés et publics; aussi est-ce avec étonnement que riii-to-