INTERRUPTION DU SERVICE DES POSTES
Bas et de Munster ont cessé, et tous courriers et messagers de quelque part que ce soit... »
Les correspondances particulières qui ont pu échapper confirment ces détails; nous l'avons déjà vu par une lettre de la mère Angélique, nous le verrons bientôt par une autre de saint Vincent de Paul à un de ses missionnaires. Une lettre d'un des agents du chancelier Séguier, nommé Dulieu, avocat au présidial de Lyon (6 février), nous apprend le terrible effet que produisit cette mesure extrême de la cour sur toutes les populations du Midi, et de Lyon en particulier. « Cette interdiction des postes fait beaucoup crier et le fera davantage ci-après, puisque tous les principaux marchands cessent de donner à travailler au pauvre peuple, qui bientôt sera réduit à la misère. ■
A mesure qu'on s'éloigne de Paris, les maux augmentent encore, surtout si on se rapproche des frontières : consultons le manuscrit de M^ Lehault; on se souvient que le 12 juillet 1648 il nous donnait une note des désastres de la banlieue de sa petite ville s'élevant à 60,000 livres. Depuis ce moment, plus de trêve, do merci. * Le 23 août, désastres causés par le régiment du comte de Grandpré entré sans ordre, par force et main armée, dans les faubourgs de Marie, où il a demeuré trois jours, le tout estimé par procès-verbal à 6,000 livres. Le 18 septembre, c'est le vidame d'Amiens avec trois régiments; il y demeure quatre jours, revient le 25 avec quatre régiments, reste dix-neuf jours; toujours la même conduite; dépense 14,000 livres. Si encore leur présence éloignait les ennemis : mais non, pendant leur séjour, la garnison d'Avesne pille aux portes la ville de Marcy, emmène cinquante chevaux ou vaches et treize prisonniers qui ne sont sortis qu'en payant rançon. » To-