‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 113 sur 503 · EN PICARDIE ET EN CHAMPAGNE · texte numérisé non relu

EN PICARDIE ET EN CHAMPAGNE

douze francs le setier et le froment dix-huit, et Reims se trouva endetté de près de 600,000 livres*.

Le nom détesté qui revient le plus souvent dans toutes les dépositions ou dans les Mémoires est celui du géfléral Jean-Louis, baron d'Erlach, Suisse de naissance, au service de la France depuis 1638. Son courage lui valut le commandement du Brisgau; à Lens, comme chef du corps de réserve, il eut une grande part à la victoire et s'empara du fameux général espagnol Beck. Au moment de la défection de Turenne, la cour lui donna le commandement de l'armée de ce maréchal, avec ordre de s'opposer à toutes ses manœuvres et même de l'arrêter, si besoin était. Aujourd'hui on a oublié ce qu'il y a d'honorable dans ses états de service pour ne se plus souvenir que des dévastations de son armée; la mémoire en est restée si vivace et si poignante que, dans le patois de la Thiérache et à Laon, dit M. Fleury, on insulte du nom de Derlaque (d'Erlach) un homme qui se montre brutal sans nécessité. Les pamphlets de l'époque le mentionnent souvent dans le même sens ; un d'eux le donne comme synonyme de loup-garou^. Aussi M. Fleury et, après lui, l'abbé Maynard, s'élèvent-ils avec force contre ce barbare. En présence de ces monstruosités, malheureusement trop vraies, nous avons eu la curiosité d'étudier plus attentivement cette figure d'atroce cannibale, d'après ses lettres publiées par un de ses petits-neveux, Albert d'Erlach de Spietz, sous ce titre : Mémoires historiques concernant M. le général d'Erlach, gouverneur

1. Bibl. imp., ms., coll. Champagne, t. XXXIII; Reims, t. Vil; Mém. ms. de Lacourt et de Oudart-Coquault.

2. Voir les papiers de l'époque : la Champagne désolée par Parmée d'Erlach ; les Horribles cruautés faites dans les provinces de France par les gens de guerre d'Erlach, etc.; Moreau, Mazarinades.

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