‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 128 sur 503 · ICO TRAITÉ DE CONDÉ ET DE MAZARIN · texte numérisé non relu

ICO TRAITÉ DE CONDÉ ET DE MAZARIN

Condé ; 2" Mazarin servirait les intérêts du prince envers et contre tous ; 3"» il ne marierait son neveu ni ses nièces sans l'avoir arrêté avec Condé. {Arch. imp.^ K. 118.)

Pour que Mazarin acceptât de pareilles conditions, il fallait la redoutable crise dans laquelle se trouvait le pays et le gouvernement : guerre avec l'Espagne dans le Nord, en Italie, en Catalogne, et partout sans résultat heureux ; troubles civils dans un grand nombre de provinces, et la peste dans presque tout le Midi. A Marseille seulement, il y avait eu en trois mois douze raille morts, parmi lesquels neuf Pères récollets sur les onze qui étaient venus au secours de la ville; le 28 septembre, quoique le mal diminuât, il y avait encore, dit la Gazette de France, près de six mille malades dans les infirmeries et environ six cent cinquante métairies atteintes du fléau. Les finances étaient complètement en désarroi ; les impôts ne rentraient plus, la misère des citoyens et la licence des temps y faisant également obstacle; la ferme des gabelles, le plus productif de tous les revenus, était partout au pillage. Les documents à ce sujet dépassent toute croyance.

Dans les généralités de Picardie, Soissonnais, Champagne, Normandie, et même dans celle de Paris, on ne vend plus de sel; la ferme ne produit rien, tout le commerce ayant lieu par faux-saunage organisé par des gens de guerre, déserteurs d'armée, vagabonds et gens de frontière. Des particuliers ont fait des amas de sel pour six ou sept ans; le désordre est arrivé à tel excès que f quantité des habitants d'Orléans, Blois, Tours, Saumur, Angers et lieux circonvoisins, sur toute la Loire ei général, ont fait descendre plus de 100 bateaux poi aller charger du sel à Nantes et les ont ramenés sous un|

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