‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 13 sur 503 · LES MISÈRES DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

LES MISÈRES DE LA GUERRE

objets; mais c'est le trésor que veulent ces bandits, qui, • pour avoir de l'or, inventent des supplices. » Le feu flambe devant une grande cheminée; à la crémaillère est suspendu par les pieds, au dessus de ce bûcher, le malheureux maître de la maison. Un vieillard , le père peut-être, retenu par des cordes, est assis à terre, les pieds dans le feu ; il faut que l'un de ces infortunés découvre aux bandits un trésor qui probablement n'existe pas. Les autres ne cherchent qu'à s'enivrer, et le vin coule à flots des pièces défoncées ; les volailles et les agneaux encombrent la table; un des soldats, monté sur une échelle, décroche et jette à terre des jambons qui pendent au plafond.

Mêmes scènes dans le sixième tableau; le lieu change seulement : c'est l'incendie et le pillage d'une abbaye de femmes. Pendant que la flamme s'échappe des toits elfondrés, la troupe pille les autels : tous les objets sacrés, patènes, crucifix, ostensoirs, chandeliers, gisent à terre pôle-môle, aux pieds de quatre forts chevaux attelés au chariot, où déjà on a entassé reliques et ornements précieux. A gauche, des reUgieuses sont emmenées pri- , sonnières; tout près, un chef, aidé de trois soldats, meti sur son cheval une des pauvres filles éplorées; un autre s'enfuit au galop avec sa captive dans ses bras : des maraudeurs à pied entraînent le troupeau de l'abbaye. — La môme scène, avec quelques variantes, se reproduit dans le numéro sept pour un village : incendie de l'église et des maisons, chariots remplis de butin, razzia des maigres troupeaux et des habitants, dont quelques-uns lèvent au ciel leurs mains enchaînées. Plusieurs de ces malheureux sont morts en se défendant; une pauvre femme, sans songer au danger qui la menace, se jette à corps perdu

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