LES MISÈRES DE LA GUERRE
Hiilices s'exercent au maniement des armes et marchent fièrement, bannières déployées; dans l'autre coin, les vieux soldats jouent aux dès ou boivent; au loin, dans le fond, sont les tentes, et les cavaliers qui s'agitent. Dès le tableau suivant commence la triste tragédie : c'est la mêlée furieuse où nombre de victimes succombent et jonchent le sol; ce champ de bataille a toutefois sa grandeur, lorsqu'on le compare à la confusion de la scène de pillage qui forme le quatrième sujet et ouvre cette longue voie douloureuse que nous devons parcourir. Un village dans la perspective; sur le premier plan, une maison dévastée par les soldats qui la quittent, après avoir fait naître une querelle pour ne point payer l'hôtesse et pouvoir lui ravir son bien; une troupe entière s'enfuit par toutes les issues, emportant le pauvre mobilier . En vain la femme court après un de ces pillards, et tâche de lui enlever une pièce de son chétif ménage, dont « ils ont pris jusqu'aux pots... » : draps du lit, gril, marmite, écuelle, tout est sur le dos de ces bandits.
La cinquième planche représente une scène plus affreuse encore. A la maraude en grand succèdent le pillage, le meurtre, le viol; rien de plus saisissant que cette gravure qui représente tant d'actes divers. On est à l'intérieur d'une maison : au fond, sur le grand lit, la maîtresse se débat contre les étreintes de deux de ces misérables, pendant que, dans le cabinet voisin, dont la porte est entr'ouverte, un des soudards outrage une servante et qu'un autre arrête par les cheveux la seconde, qui cherche à s'enfuir avec un enfant de cinq à six ans. Toutes les mauvaises passions de l'homme y sont représentées : ceux pour qui l'argent a plus d'attrait que la volupté, pillent un grand coffret d'où ils retirent divers