INSOLENCE DE CONDÉ
çaise, pointilleuse sur les droits de l'étiquelte, à l'exception de quelques jeunes seigneurs qui applaudissent à toutes les insolences de leur chef et les exagèrent encore par des airs hautains, qui leur valurent le sobriquet ridicule de petits-maîtres.
Un nouvel empiétement de Gondé amena l'explosion : la Normandie avait repris son gouverneur Longueville ; mais la partie haute de cette province était toute dévouée à la reine, grâce à la ville du Havre que gardait la duchesse d'Aiguillon, au nom de son neveu et pupille, le duc de Richelieu. Condé s'empare de l'esprit du jenne homme, le marie avec la veuvt du marquis de Pons dans un des domaines de Longueville, la nuit, à l'insu de la duchesse d'Aiguillon, et sans le consentement de la reine, toujours rigoureusement exigé pour les unions des ducs et pairs. A peine cette union était-elle terminée, que Condé en exigeait le prix : Richelieu partit en poste avec l'argent et les gardes du prince, et entra dans la citadelle du Havre; pendant ce temps, des affidés gardaient les chemins pour arrêter les courriers suspects. Un ordre de Condé enjoignait même, dit-on, de jeter dans la mer, une pierre au cou, toute personne qui arriverait chargée des instructions de la régente.
Cette conduite combla la mesure. Mazarin et la reine ie rapprochent de la Fronde parlementaire : des conférences nocturnes ont lieu au Palais'Royal avec Gondi, tous sont bientôt d'accord. Mazarin alors fait arrêter Condé dans le Louvre avec .onli, Longueville, elles en* Voie à Vincennes (18 janvier KioO) ; et le peuple de Pa^ ris, qui a fait des barricades pour l'honnête Broussel, lorsqu'on saisit le triste héros de la première Fronde» allume des feuX de joie, comme l'avait prédit le con-