TROUBLES DANS PARIS
contre le conseiller Joly, syndic des rentiers, une échauffourée organisée par le marquis de La Boulaye, des coups de fusil tirés sur le carrosse de Condé, et que celui-ci attribue à Beaufort et à de Retz, jaloux de sa puissance, viennent encore aggraver une situation déjà tendue. Les informations sur tous ces événements amènent des séances orageuses; la « sainte cohuo des Enquêtes » prend fait et cause pour les frondeurs, même contre son premier président Mole, qui est gravement injurié et court quelques dangers. On ne vient plus au palais qu'armé; dans les pièces contiguës à la salle des séances se tiennent chaque jour des troupes d'amis de Condé, du Coadjuteur et de Beaufort, prêts à en venir aux mains au premier signal. < Si le moindre laquais eût tiré l'épée, dit de Retz, Paris ^ était confondu. »
i Cette lutte faisait les affaires de Mazarin en divisant ses i anciens ennemis, qui, à plusieurs reprises, avaient été sur le point de s'entendre : la Fronde ne pouvait pardonner à Condé son récent traité avec Mazarin; le duc d'Orléans ; surtout s'en montrait offensé, se prétendant lésé dans sa juste influence sur les affaires de l'État. Condé, d'ail- ! leurs, mécontentait tout le monde; il poussa môme l'inso- ; lence à l'égard de la reine jusqu'à vouloir lui imposer un ( amant, le fat et étourdi marquis de Jarzay, capitaine l des gardes du corps, qui devait prendre la place de Maf zarin. Jarzay, habitué aux succès galants, pousse l'aven- Ij ture, risque la déclaration formelle et par écrit de ses sen- 1; timents; la reine, pressée par Mazarin, chasse Jarzay de sa j présence. Condé prend en main la cause de son protégé, et, 1 par ses exigences, contraint la reine à le recevoir dans le 1 Palais-Royal. Bientôt, courant de sottise en sottise, pour I' une question de tabouret, il blesse toute la noblesse fran-