ALLIANCE DES FRONDEURS
l'arrestation du prince, à Stenay. Cette place forte, par sa position, offrait presque l'équivalent de Sedan, et bientôt il y avait été rejoint par la grande aventurière, madame de Longueville. Une lettre de Fabert à Mazarin, du 29 mars I60O, donne les renseignements les plus précis sur les forces de la Fronde à Stenay :
« Elles sont extrêmement faibles, composées de mauvaises troupes et
dans une triste situation ; ils n'ont plus rien à vivre entre Stenay et
Montmédy, et ne sauraient demeurer dans la souveraineté de Sedan, si
nous avions des troupes ; et étant une fois éloignés, je ne crois pas qu'on
I pût les faire revenir, tant ils sont mécontents de M. de Turenne. Ils
■ crient contre lui avec des injures et des imprécations horribles, et je
N que c'est avec sujet et qu'ils en ont été très-maltraités ; présentc-
iis sont encore en lieu où ils n'ont plus que le simple fourrage et
, quelquefois du pain qu'on leur envoie de Montmédy... L'on m'a dit qun
[ madame de Longueville a mandé à un orfèvre de Paris de vendre ses
pierreries, et qu'elle fait état d'en employer l'argent à des levées; mais
(juoi qu'elle puisse entreprendre, je ne vois pas qu'il y ait rien h craindre
: de deçà si rarchiduc n'y envoie des troupes qu'il a en Flandre *. »
C'était là, en effet, la seule ressource du parti. Turenne, après avoir écrit inutilement de tous côtés pour obtenir des renforts et des alliés, même au maréchal suédois de Wrangel, son ancien compagnon d'armes dans la guerre de Trente ans, se tourna vers l'Espagne. L'alliance avec l'étranger, nos annales ne le montrent que trop, était dans les habitudes de la noblesse, pour laquelle le mot patrie semblait n'exister pas; et c'était toujours au plus redoutable ennemi qu'elle s'adressait, à l'Angleterre pen-
1. Arch. imp., ms. Lettres inédites de Fabert. — La publication de tes lettres serait d'une grande importance historique pour l'étude de a Fronde, la connaissance de Mazarin et surtout pour une appréciation leuve et originale du premier maréchal plébéien, qui est peu connu OHs son vrai jour. Fabert tient de Vauban et de Catinat. Nous cspéons donner ce recueil, dont nous avons déjà fait paraître plusieurs ragments dans une brochure : Notes inédites sur Fabert, 186G. Dulaînc et Didier, Parisj Devin, Mézières.