DESORDRES EN CHAMPAGNE
nuscrit inédit sur Reims et ses environs, le sort de Reims est celui de toute la province :
« I^e 25 mars 1650, l'armée royale mit à une contribution de cinquante francs par jour, pour sa subsistance, les villages au-dessous de lu rivière d'Aisne, ceux de la montagne de Reims et de la terre de Saint -Thierry. On laissait à ceux qui payaient la liberté de faire les semences de mars et de travailler aux vignes, tandis que les autres étaient poursuivis et ravagés. La campagne fut couverte de détachements qui allèrent de village en village, depuis le 15 mai jusqu'à la fin du mois. Cormicy avait refusé de les recevoir, à moins qu'ils ne ' fissent paraître l'ordre de la cour. Ce lieu fut investi, forcé, il n'y rcst:i ■ qu'un petit nombre d'habitants sans provision. La troupe en sortit, • faute d'y pouvoir subsister ; elle fit dans sa marche un dégât inconcej vablo dans les vignes et dans les blés, où des escadrons entiers de
(quinze et de vingt hommes de front passaient et repassaient, afin d'ôter jusqu'à l'espérance de la récolte. Le 22 mai, une brigade d'un régiment logé à Bourgogne s'avança du côté de Reims et vint enlever le troupeau du faubourg; ceux à qui il apppartenait se déterminent à le disputer par la force : quinze d'entre eux montent à cheval, les autres suivent à pied tous bien armés ; ils joignirent le détachement et lui arrachèrent leur troupeau. »
Après la mortd'Erlach, le Livonien Rosen-Worms, un de ses lieutenants, l'avait l'emplacé dans le commandement des Allemands, et, comme son prédécesseur,
• Il s'applique au commencement à réprimer la licence des soldats, fait de très-rigoureuses défenses de se débander, de couper les blés, orilonne, sous peine de la vie, qu'on ne donnât aux chevaux que l'herbe ides prés et les ravières *. Cette sévérité ne put retenir le soldat, accoutumé au brigandage; ils poussèrent les fourrages jusqu'à quatre lieues ux environs de Réthel, et ils vinrent môme jusqu'à Chenay, au point Ida jour, enlever le bétail et ce qu'ils trouvèrent dans les maisons. Ce que les Allemands laissaient ne tardait pas à ôtre enlevé par les Fran-
1. Le manuscrit de Coquault confirme ce jugement de Rosen, dont la OOm n'est guère moins maudit dans les relations que ceux d'Erlach et de Condé. Nous en verrons plu.î* tard de curieuses preuves. — Consulter aussi les Histoires de Reims, par Marlot, etc., celles de Réthel et de Chaumont, par Joliboisj de Charleville, par Jean Hubert; de Sedan, par l'abbé PiegnoQ.