‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 159 sur 503 · EN SYSTÈME PAR MAZ\RIN · texte numérisé non relu

EN SYSTÈME PAR MAZ\RIN

binaison est dû à Son Eminence, qui en est fauteur ^ » I Une telle conduite explique les défiances que l'on voit éclater dans presque loules les villes de ces malheureuses provinces : à Fismes, les habitants, refusant de recevoir le maréchal d'Hocquincourt, pressé par l'ennemi, causèrent la défaite de son corps d'armée ; à Reims, après avoir refusé l'entrée aux troupes de Senneterre, on ne voulut recevoir que les bagages des soldats de Praslin et de Rosen. On leur déclara que s'ils étaient trop serrés par les Espagnols, ils pourraient entrer à l'extrémité, qu'ils ne logeraient pas chez les bourgeois, qu'ils camperaient dans les grandes rues, dans les places publiques et le I jardin de l'abbaye de Saint-Remy. La nuit suivante, les £ troupes de Praslin, feignant l'épouvante, entrèrent par la porte de Vesle : à peine introduits, ils oublient les con- ' ventions, pénètrent dans les maisons; il fallut la ferme contenance de Rémois, qui tendirent leurs chaînes et ! menacèrent de les traiter en ennemis, et surtout le petit [ nombre des soldats, pour que l'ordre se rétablît.

Le surlendemain, Rose enlre aussi avec 1,200 hommes: ils avaient plus de 4,000 chevaux « pris la plupart sur les paysans; » on les campa dans les jardins et les prés d'entre les deux rivières qui passent dans le faubourg, et cet espace foulé aux pieds des chevaux apporta un dommage considérable.

Rien de plus curieux que de lire dans notre chroniqueur les rapports qu'avaient entre elles ces deux classes si différentes d'un môme peuple : ainsi, dans toute la France, vivaient à côté l'un de l'autre le peuple et l'armée, se surveillant, s'épiant comme des ennemis en pré-

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