DÉTRESSE EXTRÊME
situation de Rosen : l'une est d'un intendant- général des finances, M. de Bordeaux, l'autre du maréchal Dupjessis- Praslin. « Il est tout à fait impossible, disent-ils, que Rosen puisse subsister dans les armées sans une considérable assistance; s'il n'est pas payé avec ses officiers -généraux, il abandonnera le service. »
Écoutons maintenant Duplessis-Praslin pour son propre compte; on se souvient de ce qu'il écrivait en Guienne sur sa position, il n'est pas plus heureux en Picardie :
« 4 juin 16S0, de Crécy-sur-Serre. — Les ennemis à Irson traitent fort bien les paysans, et quand une fois ils ont donné des sauvegardes, ils ne sont jamais pillés; tous les villages proche leurs quartiers sont traités ainsi, et l'ordre est si grand dans leur armée pour cela, qu'il faut croire qu'ils appréhendent fort de fâcher les peuples, et qu'ils les veulent gagner par la douceur. Les maux que font nos troupes aideront fort à cela ; pour moi, qui toute ma vie ai eu en horreur ces désordres, je m'estime fort malheureux d'y voir si peu de remèdes... — Du 23 septembre... « Je ne vous parle pas du besoin que l'on • d'argent dans cette armée, cela serait inutile, je pense, puisque vous le savez il y a longtemps; les bas officiers commencent à déserter, n'ayant plus de quoi vivre. »
Le 22 août 1650, le maréchal d'Hocquincourt tient le même langage : « Une grande partie des soldats envoyés à Guise déserte par le peu de subsistances qu'ils rencontrent dans cette place. » Nous trouvons ailleurs une note de M. de Feuquières à la fin de 1656 : il déclare avoir avancé pour la nourriture des soldats et autres frais , à la citadelle de Verdun, de 1645 à 1656, en onze ans, 570,000 livres; pendant ce temps, il n'a rien reçu de la cour pour ses avances et ses appointements de lieutenantgénéral au gouvernement de Toul. On lui a envoyé 11,000 livres seulement sur les 75,000 livres qui lui ont été assignées pour l'incendie de sa maison par les troupes de Condé, incendie qui lui porte dommage de plus de