CONGRÉGATION
la campagne, celles des forçats, dont Emmanuel de Gondy se trouvait chargé par son titre. Après les avoir visités à Paris, dans leurs basses-fosses infectes et humides, les avoir vu croupissant dans la vermine, Vincent, par dévouement de conscience pour les Gondy, peut-être autant que par charité, n'eut pas de repos qu'il n'eût amélioré leur malheureuse position. Ses efforts furent couronnés d'un tel succès, le changement qui s'opéra au physique et au moral chez tous ces misérables, transporté? dans une maison de la rue Saint-Honoré, fut si grand que bientôt Louis XIII, à la sollicitation du général des galères, nomma leur bienfaiteur aumônier-général des galères de France (février 1619). Cette élévation imposait au consciencieux prêtre l'obligation de visiter les galères; aussi, dès 1622, il se rendit à Marseille. C'est à ce voyage que se rattache le fait si souvent cité des « fers honorables, sacrés trophées de la charité, » dont le saint Be revêtit, dit-on, à la place d'un galérien qui lui parut plus malheureux que coupable*. En 1623, on retrouve Vincent à Bordeaux, oii les galères s'étaient transportées pour une guerre contre les protestants, et continuant toujours la tâche d'arracher les malheureux à « l'enfer anticipé, » dit justement M. H. Martin, que le dur régime pénal du moyen-âge avait établi pour eux.
En 1624, de retour de ses visites aux galères, Vincen eut à s'occuper d'une autre OEuvre dont il avait jeté lei germes sept ans auparavant, sans se douter de l'impor tance qu'elle devait acquérir. Nous voulons parler di
1. Ce fait, rais en doute par M. de Boulogne, évoque de Troyes, es rapporté dans le procès de canonisation comme une tradition : « Oi raconte que Vincent, etc. » ; tout récemment, M. C. Bousquet l'a ra mené à la légende dans son travail : D'une erreur historique àpropa de saint Vincent de Paul, 1861.