‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 2 sur 503 · TI · texte numérisé non relu

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tin, t.. xiv) ; mémoire qui fait pendant de l'important travail de M. Ed. Fleury sur le Diocèse de Laon. A propos de ces publications, M. Rathery, du Comité des travaux historiques au ministère de l'instruction publique, dans la Revue des Sociétés savantes, et M. Victor Foucher, vice-président de ce Comité, dans son discours à la distribution solennelle des prix aux Sociétés savantes, ont fait remarquer que notre livre avait été en province l'occasion d'un mouvement historique sur la Fronde {Moniteur du 14 avril 1863). Nous avons nous-même, sans compter quelques nouvelles statistiques extraites des registres de l'état civil à la Rochelle, à Tonnay-Charente, à Niort, à Saintes, à Angoulême, à Étampes, etc., trouvé dans les archives de cette dernière localité un manuscrit longtemps conservé par l'illustre famille Geoffroy Saint- Hilaire et donné enfin à la ville par un magistrat de cette maison, M. Geoffroy-Château. Ce manuscrit nous a fourni de nouveaux renseignements sur la ville d'Étampes après le siège de 1652; enfin M. Husson, membre de l'Institut et directeur général de l'assistance publique, nous a permis, avec une complaisance qu'on désirerait trouver chez tous les chefs d'administration publique, d'étudier les registres des délibérations des hôpitaux de Paris, et en particulier ceux de l'Hôtel-Dieu, pendant la Fronde. On trouvera donc souvent des chiffres à côté des faits ; nous demandons au lecteur de vouloir bien les étudier, d'avoir la patience de lire ce qu'ont pu endurer ses pères. Pline

le Jeune l'a dit : la patience du juge est une grande partie de la justice. A notre époque positive, il faut que riiistorien se fasse économiste ; il doit prouver que la transformation de la Société, en 1789, loin d'avoir ruiné la nation, l'a sauvée d'une décadence complète, et l'a mise en voie de s'améliorer et de s'enrichir. Comme le disait M. Michel Chevalier dans un discours au Conseil général de l'Hérault : « Les principes de 1789 ont fait la conquête de l'Europe ; les rois leur demandent la sécurité, de même que les peuples en attendent la sécurité et le bien-être *. »

Pour cette nouvelle édition, nous avons puisé avidement à toutes les sources indiquées, et rien n'est venu

1. Nous avous appris que M. Eschassériaux, député et savant saintongeoi», doit publier un manuscrit de Samuel Robert, lieutenant particulier de l'élection de Saintes en 1650, et une Correspondance du môme fonctionnaire, « remplis de précieux renseignements sur l'histoire de cette province pendant la Fronde.» Ce que nous lisons dans la Notice de M. de la Morinie, qui a classé les anciennes archives de Saintes, ne fait qu'ajouter au désir que nous éprouvons, comme M. delà Moruiie de voir paraître ces documents. « Pendant son séjour dans la capitale, Samuel Hubert entretient &es amis de Saintonge de tous les bruits de la cour et de la ville, et ses remarques nous initient à de curieuses lévélations sur ces temps de troubles. Revenu au pays, il continue de tenir au courant le brouillon de sa correspondance, qui devient de plus en plus abondante en détails. Il écrit tout ce qu'il voit, tout ce qu'il entend; il suit à la piste les marches et les contre-marches des armées du roi et de la FruuiJe. 11 a l'œil ouvert sur les préparatifs du comte du ûauguou, et tout ce qu'il rapporte peint à merveille le caractère à double face de ce personnage. 11 nous montre eu .-cène le prince de Coudé, le Comte d'iiarcourt, le duc do Tarente, l.a Rochefoucauld, Saint-Simon, Richelieu, IJellière, du Vigeau, Matha, Jonzac et Ballbazar. Lus évéueinentt te pressent sous sa plume; il nous fait assister aux deux capitulations deSainto=, a. l'arrivée des Espagnols, à l'hoirible saccagement de Puns, à la destruction de Moke, au siège de Cognac, de Saïut-Jeand'Aiigéiy, do Tuuuay-Chareute, de Rrouage et d'autres lieux de la province, au couibat do Muulanceys eu Péngord, etc. »

affaiblir l'impression douloureuse que notre précédente étude nous avait fait éprouver*; loin de là, ces documents on.t quelquefois dépassé notre première affirmation au sujet du paupérisme, déjà ancien dans la France, affirmation que des critiques, dont nous tenons en profonde estime le savoir, ont combattu, à tort, nous le croyons. Aujourd'hui c'est avec une plus profonde conviction que nous répétons les paroles, tout à l'honneur de notre temps, d'un des grands historiens de notre époque, Macaulay, paroles dictées par une haute raison et une connaissance profonde de ces études : « Plus on examine avec attention l'histoire du passé, plus on voit combien se trompent ceux qui s'imaginent que notre époque a enfanté de nouvelles misères sociales. La vérité est que ces misères sont anciennes ; ce qui est nouveau, c'est l'intelligence qui les découvre et l'humanité qui les soulage. »

Juin 1868,

1. Outre des chaagemeQts assez importants dans l'ensemble du livre, cette édition contient, comme parties tout à fait nouvelles, la conclusion de la paj^c 520 à 541 et la moitié des notes qui composent l'appendice.

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