DE LA PROVENCE
Ipetit village, celui de Villaiix-Savary, par exemple, a
ayé une conlribulion de 9,202 livres 8 sous; l'évoque
'Embrun, de son côlé, se plaint au nom de tous les évô-
ues el archevêques, et en particulier de ceux de Lan-
uedoc et de Guienne, « pour les logements et passages
continuels des gens de guerre, dont les ecclésiasliques
«offrent en leurs bénéfices, de telle sorte que plusieurs
ivaient été contraints de les abandonner par les surchar-
;es des impositions qu'on leur avait fait payer en ccr-
aines provinces pour des droits d'aides et pour les octrois
es villes au préjudice de leurs exemptions *. »
La Provence était toujours tourmentée à la fois par la
este et par sa querelle avec son gouverneur le comte
'Alais, devenu duc d'Angoulême par la mort de son
ère. On peut juger de la force du fléau par ce fait que
îs Provençaux, si jaloux de leurs libertés municipales,
e songèrent pas, en 1650, à l'éleclion des consuls à Mar-
lille. Le 14 mars», le mal étant un peu moins grave, on
t ces élections, qui déplurent au gouverneur ; aussitôt il
Qvoya son gendre, le duc de Joyeuse, pour lequel les
arseillais professaient une estime particulière, à cause
e son père le duc de Guise. Ne sachant comment écon-
bire ce haut personnage sans manquer aux égards
'on lui devait, les habitants eurent recours à un stra-
gème : on répandit le bruit que la peste recommençait.
fec plus de fureur ; comme cette annonce n'avait pas
i. Ces plaintes du clergé se retrouvent partout : lors de l'expédition Guienne, Mazarin décrète une somme de 200,000 livres à prendre sur
të les ecclésiastiques du royaume. Le Recueil des délibérations de l'as-
nblée générale du clergé nous fait connaître l'énergique opposition l'archevêque de Reims, motivée sur la ruine de la province ; l'évèque Soissons déclare que son clergé ne pourra probablement pas payer décimes, bien loin de fournir sa part de cette taxe extraordinaire,
tnlant à 1CC7 livres 10 sous.
«6G MISÉUEDE LA GUIENNE.
suffi pour mettre en fuite le duc, on fit passer devant ses fenêtres, avec les précautions usitées en temps de peste, tous les malades qu'on portait à l'hôpital et tous les morts des différents quartiers qu'on conduisait au cimetière, hi ruse réussit à merveille : Joyeuse, frappé de frayeur alla en toute hâte rejoindre son beau-père à Aix. Mail bientôt le duc d'Angoulôme, mécontent d'avoir été ains joué, marcha contre la ville. Marseille était sur se: gardes : il dut renoncer à son projet de châtiment. L( Parlement, de son côté^ avait confirmé l'élection et soute^ nait les Marseillais auprès du ministre; Mazarin, com^ prenant le danger de maintenir un gouverneur dans ui pays oii il était généralement détesté, et craignant d( plus comme les députés le lui représentaient, que ci gouverneur ne songeât à s'unir avec les princes et à leui livrer la ville, l'appela à Paris, et pour colorer cette dis grâce, manda en même temps le chef des mécontents, 1( comte de Garces (septembre 1650). Mazarin, selon soi liabitude, temporisa; sans approuver le duc d'Angoa iême, il n'accordait cependant pas son changement au) demandes réitérées des Provençaux, et la Provence sou f< frait cruellement de ces incertitudes.
En Gnienne, les affaires étaient encore en plus mau vais état: d'Épernon, toujours sûr de l'appui de Mazarin avait refusé de livrer le commandement des troupes ai maréchal de La Meilleraye, qui lui amenait des secours et le chassa même de la province sans s'inquiéter dei ordres du roi; bientôt, apprenant la prochaine arrivée d( la cour, il poussa la guerre avec vigueur et vint campei aux portes de Bordeaux, où son arrivée jeta la conster nation et la fureur. Dès lors on se laissa emporter er avant dans la révolte, et le Parlement rendit un arrô
1 iir recevoir Bouillon et La Rochefoucauld dans la ville :\\i'c leurs troupes, et pour prier la princesse de Condé lit n lever de nouvelles, nécessaires à la défense de la ville. C'était l'autoriser indirectement à s'adresser à ri Espagne, ce qui eut lieu en effet : le plan des ducs étant «1 romprometlre irrévocablement le Parlement, avant que la (lêputation envoyée au roi à Libourne pût s'entendre avec la cour. Le Sjuillet, un envoyé d'Espagne faisait une enflée solennelle à Bordeaux, dans un carrosse à six ( ticvaux, pendant que la flottille bordelaise accompa-f t:n lit les frégates espagnoles jusqu'à Bacalan. Cette con- I lui le constituait un crime de haute-trahison, puisqu'on (■ I lit en guei re avec l'Espagne : aussi le Parlement essaya (!' .l)ord de se tenir à l'écart de ces négociations suspectes j
is une émeute excitée par Bouillon, et que la prin-
-0 parvint seule à calmer, amena le Parlement à (1 nner, le 10 juillet, l'arrêt d'union avec les princes, !'■ iiple et Parlement se portèrent dès lors aux dernières ixiiémités : on arrêta qu'on protégerait comme par le [1 is.'^é la princesse, qu'on armerait pour la défense de l'a [lovince; qu'on écrirait au roi, sous forme de remon- Ira lices contre le cardinal; qu'on le déclarerait ennemi ■1 lÉtat dès qu'il entrerait dans le ressort de Bordeaux;
malgré la défense de la cour, on procéda à l'élection it nouveaux jurats tout à fait favorables à la cause de IJMidcaux (1" août).
Cependant, le 2o juillet, on avait eu avis officiel de la marche du roi vers Bordeaux; aussitôt le Parlement, monarchique même au milieu de ses excès d'audace, résolut d'envoyer une députationà Louis XIV pour le saluer, tout en portant une lettre ferme sur les alarmes que causait la venue de Mazarin. La députation fut reçue le 2