‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 214 sur 503 · C8 LA FRONDE · texte numérisé non relu

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août : la harangue, énergique contre d'Épernon, était pleine de réserve à l'égard de Mazarin ; la reine, sans s'arrêter à ce langage, exigea une déclaration formelle et écrite de rupture avec le duc de Bouillon, et demanda si elle pourrait entrer dans Bordeaux accompagnée des troupes qu'elle jugerait nécessaires pour la sûreté de sa personne et le soutien de la dignité royale. A Bordeaux, on aurait peut-être accepté ces conditions, si un acte de cruauté et de trahison, commis par ordre de Mazarin sur la personne du brave Richon, gouverneur de Vayres, n'avait ravivé toute la colère des Bordelais. Malgré les termes de la capitulation et le pardon du roi, obtenu par Mademoiselle, le ministre le fit pendre à la halle de Libourne. A cette nouvelle, on cria de toutes parts : « Plus de paix avec une cour asservie par Mazarin, » et le cliei-alier de Canolles, du parti royal, fait prisonnier dans l'île de Saint-Georges, fut pendu par représailles.

Des appuis arrivaient de tous côtés aux Bordelais : on apprit que le Parlement de Toulouse avait, par arrêt du 1" août, intercédé auprès de Leurs Majestés en faveur de la Guyenne, et exprimé la nécessité de remplacer d'Epernon par un autre gouverneur; le marquis de Cugnac annonça à Bordeaux la prochaine arrivée du maréchal de La Force, son aïeul, et de ses deux fils, les marquis de La Force et de Gastelneau, suivis de 6,000 hommes, levés dans les Cévennes et à Montauban. La cour, de son côté, semblait reculer : par méfiance des Libournais, trop sympathiques à la cause de Bordeaux, et aussi par ennui, dit Mademoiselle , elle se transporta à Bourg. Cependant, l'attaque de la Bastide par le maréchal de La Meilleraye (25 août), quoique infructueuse, avertit les Bordelais qu'ils devaient se tenir sur leurs frardf<?; on travailla

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nii\ fortifications. La princesse et ses dames allèrent en jxi sonne, chacune avec un petit panier, porter de la terre alind'encouragerlestravailleurs; le duc d'Enghien, monté sur un petit cheval, se montrait à tous les ateliers de terrassements « tantôt pliant sous le faix d'une hotte char- ^r(*. de terre, tantôt blessant ses tendres mains à porler (les pierres que sa mère rangeait avec du ciment trempé il ■ SOS larmes, » dit une lettre des dames du Parlement de litadeaux aux dames du Parlement de Paris. L'enthousi isme était tel que toutes les intrigues de Mazarin pour jt lor la division entre le Parlement, l'hôtel de ville et les [Il inces échouèrent complètement.

Le 30 août un arrêt du Conseil déclara « tous les Bordelais criminels de lèse-majesté, leurs propriétés conflsii]uées » si, en trois jours, ils ne faisaient leurs soumissions ; •iléfense était faite à tous fonctionnaires des finances et de la magistrature de remplir aucune fonction dans ladite ville. Ces menaces, que nul effet ne pouvait suivre, ne >(i virent qu'à irriter Bordeaux; le Parlement y répondit |i If une apologie de sa conduite, qui était au fond un Il itî violent d'accusation contre d'Epernon et surtout (intre Mazarin. Un caractère particulier distingue cette ijiologie entre toutes les pièces de l'époque : elle ne conlicnt aucune proposition contraire à l'autorité royale; ce lui indique bien qu'à Bordeaux on n'était pas systémaiquement rebelle, mais jeté dans l'insurrection par les iiauvais traitements de d'Epernon et la détestable orgausation du gouvernement.

La défense énergique de Bordeaux prouva encore mieux a haine contre Mazarin : au commencement de sep- ( uibre, au bruit du tocsin, tout le moAde s'aima, mémo ;,000 femmes, entre lesquelles il y avait beaucoup de

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